COVID-19 : Immunité croisée naturelle contre le rhume

COVID-19 : Immunité croisée naturelle contre le rhume

De nombreux coronavirus sont également en circulation, dont certains qui provoquent le rhume. Cette analyse des anticorps de 11 patients avec ou sans COVID révèle comment l’infection par le SRAS-CoV-2 affecte la capacité du système immunitaire à reconnaître ces autres coronavirus. L’auteur principal, le Dr Andrew Ward, professeur de biologie structurelle et computationnelle intégrative à Scripps, explique que “mieux comprendre comment l’immunité contre cette grande famille de coronavirus change avec l’infection au COVID-19 est une étape importante vers le développement de meilleurs vaccins contre le coronavirus ou même ” pan-coronavirus ».

Facteur d’immunité croisée SARS-CoV-2 contre d’autres coronavirus

A priori, le SRAS-CoV-2 n’est qu’un des virus d’une famille nombreuse et diversifiée de coronavirus. Certains de ses proches (MERS, SRAS de 2002-2004…) sont tout aussi contagieux et virulents. Dans l’ensemble, bon nombre de ces coronavirus n’ont qu’un quart à la moitié de leur matériel génétique en commun avec le SRAS-CoV-2, mais des sections individuelles de leurs structures, y compris leur protéine de pointe, sont considérées comme relativement similaires entre les membres de la famille.

L’hypothèse de l’immunité croisée : Depuis le début de la pandémie de COVID-19, les scientifiques se sont demandé si une exposition antérieure à ces « coronavirus froids » avait un impact sur l’immunité au SRAS-CoV-2 et, de la même manière, si une infection par le COVID-19 pouvait modifier la façon dont le système immunitaire reconnaît les coronavirus circulants courants. . Les anticorps du système immunitaire contre une protéine de pointe de coronavirus pourraient en effet reconnaître d’autres protéines de pointe similaires. L’analyse des échantillons de sérum de 11 patients, dont 8 dataient d’avant la pandémie de COVID-19 (donc jamais exposés au SARS-CoV-2) et dont 3 provenaient de donneurs ayant récemment eu le COVID-19 a permis de mesurer la force avec lesquels les échantillons répondent aux protéines de pointe isolées des différents coronavirus (en particulier OC43 et HKU1), tous deux associés au rhume, ainsi que du SARS-CoV-1, MERS-CoV et SARS-CoV-2. L’analyse révèle que :

  • sans surprise, seul le sérum des patients qui se sont rétablis du COVID-19 a réagi aux protéines de pointe du SRAS-CoV-2 ;
  • plus surprenant, ce même sérum de patients COVID-19 réagit également plus fortement que les échantillons pré-pandémiques à d’autres protéines de pointe.

“L’exposition au SRAS-CoV-2 augmente les niveaux de ces anticorps”, concluent les auteurs. D’autres études structurelles à haute résolution de ces anticorps sériques de 3 donneurs sains et de 2 patients COVID-19 révèlent que :

  • la plupart des anticorps anti-coronavirus pré-pandémiques reconnaissent une section des protéines de pointe OC43 et HKU1 connue sous le nom de sous-unité S1, qui a tendance à varier considérablement d’un coronavirus à l’autre ;
  • cependant, un plus grand échantillon d’anticorps est identifié dans les échantillons de patients COVID-19, y compris des anticorps reconnaissant la sous-unité S2, qui varie moins entre les différents coronavirus.

Cette recherche fournit une première caractérisation de base des réponses anticorps des personnes aux coronavirus endémiques avant et après exposition au SRAS-CoV-2. Le but ultime reste de concevoir des vaccins « universels » ou « pan-coronavirus » capables de reconnaître de nombreux coronavirus différents ou la plupart des coronavirus circulants. Enfin, ce travail nous incite à nous focaliser sur la sous-unité S2.

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