Fusée 3 – Crunch 2 |  Le sourire de Primeau

Fusée 3 – Crunch 2 | Le sourire de Primeau

(Syracuse, NY) Sur le papier, c’est juste une victoire. En réalité, c’est bien plus que cela.

Mis à jour hier à 23h17

Simon Olivier Lorange

Simon Olivier Lorange
La presse

Après avoir permis au Rocket de Laval de vaincre le Crunch de Syracuse par la marque de 3-2 samedi, Cayden Primeau semblait incapable de s’arrêter de sourire.

Répondant aux questions des journalistes dépêchés à l’Upstate Medical University Arena (!), le gardien a affiché son flegme habituel. Des réponses courtes, ne jamais parler de lui, toujours rendre hommage à ses coéquipiers. Mais ce sourire narquois, il ne mentait pas.

Cette victoire est bien sûr infiniment importante pour le Rocket. Dans une courte série de trois sur cinq, rentrer à la maison à égalité 1-1 est une mission accomplie. Elle l’est encore plus pour Primeau. Car elle confirme qu’il est bien de retour.

La tempête a soufflé si fort cette saison au Canadien qu’elle a emporté le jeune homme avec elle. Naturellement si calme devant son filet, Primeau n’était que l’ombre de lui-même. Sur les neuf départs qui lui ont été confiés, de novembre à février, il n’a terminé le match qu’à quatre reprises. Sa confiance a été brisée. Mais nous l’avons gardé à Montréal, faute d’autres options.

Lorsque le Tricolore l’a finalement renvoyé à Laval, il a poussé un soupir de soulagement. « Je n’étais plus le même gardien, expliquait-il en février. À Laval, il voulait « construire » son jeu. Reconstruire, devrions-nous dire.

Et c’est ce qu’il a fait. Cependant, ses statistiques en seconde partie de saison n’étaient pas flamboyantes. Un dossier de 8-6-2. Un peu plus de trois buts accordés par match. En fin de saison, il est allé échauffer à nouveau le bout du banc à Montréal, ce qui a inévitablement cassé son rythme.

grande étoile

C’est donc sans surprise que le vétéran Kevin Poulin s’est vu offrir le filet pour le premier match de la série vendredi soir. C’est lui qui avait monté la garde pendant la plus grande partie de la campagne. Et comme l’expliquait l’entraîneur Jean-François Houle, on a privilégié la victoire au développement – ​​Poulin, 30 ans, a un contrat dans la Ligue américaine seulement, tandis que Primeau, 22 ans, est un espoir pour le Canadien.

Alors que le Rocket perdait en lever de rideau et que le deuxième match se jouait le lendemain, Houle n’étonnait personne en se tournant vers Primeau. Son tuteur était d’accord avec lui.

D’un calme olympien, malgré quelques gestes précipités en première mi-temps, Primeau a été la grande vedette de son équipe, bloquant 37 rondelles. Il aurait certainement préféré mieux paraître sur le deuxième but du Crunch, qui a égalisé le match à 2-2. Mais compte tenu de la façon dont il a sorti son équipe des ennuis, y compris un arrêt quasi miraculeux de la jambière à la fin de la deuxième période et un retrait du gant à Cole Koepke, qui s’était échappé en troisième, personne ne s’en soucierait. le tiendra rigoureusement.

Il était excellent. Il nous a gardés dans le match. Je suis très fier de ses efforts.

Jean-François Houle, entraîneur du Rocket, sur Cayden Primeau

« Il était vraiment confiant et il a joué un très bon match. Je suis content pour lui », a ajouté l’attaquant Gabriel Bourque.

Primeau, nous l’avons dit, n’aime pas à étaler ses propres succès. Il s’est vanté que ses coéquipiers bloquaient des tirs et a parlé du « gros » but de Brandon Gignac en fin de match.

Son sourire était encore au rendez-vous lorsqu’un journaliste a souligné que la bataille contre Syracuse se poursuivrait désormais à Laval et que la Place Bell vivrait son baptême en séries jeudi prochain, dans la cinquième année d’existence du Rocket.

“Les fans nous ont soutenus toute la saison quand ils le pouvaient”, se souvient-il. On sent leur énergie, on s’en nourrit. Leur donner un match éliminatoire sera incroyable. »

Rien ne garantit que Primeau sera l’homme masqué en action ce soir-là. Mais dans le grand schéma des choses, cela n’a pas d’importance. Sa victoire la plus importante de la saison, il l’a déjà remportée.

Bref

PHOTO GRAHAM HUGHES, LES ARCHIVES DE LA PRESSE CANADIENNE

Jesse Ylonen

Jesse Ylönen a marqué le premier but du Rocket d’un tir absolument foudroyant. Les partisans canadiens y ont goûté lors des quelques matchs qu’il a disputés cette saison avec le grand club, mais le tir qu’il a servi au gardien Maxime Lagacé depuis le cercle de mise au jeu droit en première période, était du grand art. Un tir de la LNH, sans aucun doute. Et un bon.

Brandon Gignac a joué les héros avec moins de deux minutes à faire, brisant l’égalité 2-2. Le natif de Repentigny s’est fait oublier derrière la défense locale et, après avoir reçu une rondelle envoyée par Ylönen, il l’a reprise à deux reprises pour contrecarrer Lagacé d’un tir du revers. « Il marque de gros buts depuis quelques semaines, a noté Jean-François Houle. C’est un objectif très important, j’espère que cela lui donnera confiance. « Au début, j’avais peur qu’il l’arrête ! s’esclaffa l’auteur du but gagnant. Après le retour, je devais y aller dans la lucarne. Je suis vraiment content ! »

La série ne dure que deux matchs, mais le niveau d’intensité est déjà très, très élevé. Samedi, les chèques percutants se vendaient un centime la douzaine. Une séquence en début de troisième période en était une parfaite illustration, puisque Devante Smith-Pelly du Rocket a violemment frappé Frank Hora, quelques secondes après que Daniel Walcott du Crunch eut fait de même à la place de Nate Schnarr. « Toute la saison, Syracuse nous a offert du hockey en séries éliminatoires, a déclaré Cayden Primeau. C’est ce genre d’équipe. C’est marrant! »


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