Eiyuden Chronicle: Rising (Nintendo Switch) - Le test - Nintendo-Town.fr

Eiyuden Chronicle: Rising (Nintendo Switch) – Le test – Nintendo-Town.fr

Certaines licences populaires du passé sont aujourd’hui oubliées des plus grands et ne sont plus qu’un nom sur l’héritage d’un studio. Face à cela et à défaut de pouvoir utiliser ces noms pour eux-mêmes, certains créateurs ne se cachent plus d’avoir recours au financement participatif pour donner vie à leurs nouvelles idées. Des concepts qui auraient pu permettre à ces licences oubliées de revenir, si les studios en question avaient donné leur accord pour cela. C’est ainsi que Yoshitaka Murayama, créateur de la série Suikoden pour Konami, a présenté un premier teaser d’Eiyuuden Chronicles : Hundred Heroes, développé par son studio Rabbit & Bear Studios l’an dernier. Un successeur non dissimulé de Suikoden dont la date de sortie reste très floue. En attendant, le studio a étonnamment annoncé un RPG d’action, servant de préquelle au jeu, l’année dernière. C’est ainsi qu’on se retrouve aujourd’hui à vous parler d’Eiyuuden Chronicles : Rising, sur Nintendo Switch.

Les héros se réveillent doucement sur Switch

Eiyuuden Chronicles : Hundred Heroes nous promettait, lors de son annonce, une histoire de guerre et de trahison avec de nombreux personnages à incarner. Pourtant, certains de ces héros avaient peut-être une histoire passionnante à raconter avant que la guerre n’éclate. C’est ce que tente de nous proposer ce prequel intitulé Rising. On commence avec le personnage de CJ, un jeune chasseur de trésor qui vient d’arriver dans le village de New Nevaeh. Celui-ci fut attiré par de nombreuses rumeurs répandues par le village afin de faire venir de nouvelles personnes et tenter de le faire revivre.

Nous constatons rapidement que le village de New Nevaeh a en fait été récemment réduit à un tas de ruines. Les efforts du jeune Maire et des quelques habitants restants visent à reconstruire le village, mais aussi à lui donner un tout nouveau visage. La Nouvelle Nevaeh attire les convoitises de nombreux aventuriers, de par sa région riche en découvertes à faire et surtout l’accès à un tumulte runique sous le village. CJ arrive afin de faire partie de ces aventuriers et lui dénicher de nombreux trésors. Cependant, le maire Isha s’opposera à lui en soulignant qu’une licence est nécessaire pour ces activités.

Cette licence est délivrée par le Maire elle-même, contre une somme d’argent plus qu’exagérée pour la bourse de votre nouvel arrivant. Demandant un autre moyen d’obtenir cette licence, Isha lui propose d’acquérir des timbres pour une carte de pointage montrant les travaux effectués dans le village. CJ devient ainsi une sorte de bonne pour le village dans le seul but d’obtenir cette licence. Trouvez un chat, apportez du bois ou d’autres matériaux pour construire une boutique. Voici notre quête Fedex quotidienne, qui aurait pu être ennuyeuse et répétitive si elle devait s’éterniser.

Heureusement, Isha nous donne effectivement la licence après quelques missions imposées par le jeu. A nous ensuite de continuer à collectionner ses timbres en rendant service au village ; certaines de ces quêtes tampons sont toujours imposées par le jeu. Et pour cause, certaines de ces quêtes Fedex, au départ, sont importantes puisque la récompense est l’ouverture de nouveaux commerces et fonctionnalités utiles au gameplay. Puis une fois les infrastructures construites, elles ne sont là que pour les renforcer, remplir un tableau de bord à plusieurs rangs et servir de prétextes à la « reconstruction » de New Nevaeh, puis à voir le village s’animer de plus en plus. A vous de jauger votre patience pour effectuer tous les allers-retours demandés.

Ainsi, la durée de vie gonfle considérablement selon votre niveau de jeu, bien que celui-ci ne soit pas difficile, dépend ensuite de si vous souhaitez faire toutes les annexes ou non. Au-delà de ces annexes, le cadre de dix ou vingt heures, selon les profils des joueurs, est très linéaire et nous sommes rejoints dans notre aventure par quelques personnages phares qui joueront également leurs rôles dans Eiyuuden Chronicles : Hundred Heroes. Citons notamment les personnages de Garoo et du maire Isha, qui apportent également leur pierre à l’édifice dans le gameplay du jeu. Une histoire qui présente plutôt bien le lore d’Eiyuden et quelques personnages attachants de la licence, tout en gardant une réserve pour le vrai gros morceau.

Progressez en changeant de héros

D’après les dires, et contrairement à Eiyuuden Chronicles : Hundred Heroes dont on n’a encore rien vu, ce prequel de Rising se présente comme un A-RPG 2D. On mène ainsi les personnages de CJ, Garoo et Isha à travers différents donjons et environnements 2D, divisés en plusieurs zones comme dans ce que tout le monde appelle désormais une « Metroidvania », le village de New Nevaeh servant simplement de HUB pour cela. La formule étant ce qu’elle est, on devine ainsi le côté linéaire de la progression de l’aventure que nous avions évoqué.

Ces environnements sont remplis de ressources à ramasser pour terminer les quêtes du village et le reconstruire. Cependant, ils sont également infestés de monstres à tuer. Pour progresser, nous avons notre stick ou croix directionnelle pour nous déplacer, une touche de saut, une touche d’attaque et une touche de compétence spéciale. Chacun des 3 personnages jouables a des statistiques, des spécialités et un gameplay différents qui changent subtilement. CJ est assez agile et se spécialise dans sa capacité à esquiver avec un pas latéral rapide.

Garoo peut utiliser sa force pour détruire les gardes et sa ténacité pour se mettre sur ses gardes, tandis qu’Isha utilise sa magie pour attaquer à distance, peut temporairement planer dans les airs et se « téléporter » pour esquiver les attaques. Ajoutons la mécanique Link Attack qui permet d’enchaîner un certain nombre d’attaques en changeant de personnage lors d’une offensive. En effet, à part le bouton de saut, les autres touches X, Y, A sont affectées à un personnage, et les appuyer permet de basculer directement.

Ainsi, par exemple, vous pouvez détruire un garde avec Garoo et déclencher une Link Attack en enchaînant avec CJ pour une rafale d’attaques rapides suivies d’une puissante attaque magique d’Isha pour conclure. Le nombre d’attaques de lien possibles augmente à mesure que vous progressez dans le jeu, mais une fois déclenchées, vous êtes temporairement incapable d’en lancer une. Une lueur bleue apparaît sur votre personnage lorsque ce temps est écoulé et vous pouvez en déclencher une nouvelle.

Un A-RPG qui manque un petit quelque chose…

L’expérience aurait pu se résumer à cela et être plaisante sinon révolutionnaire, mais elle a quelques défauts tantôt propres au genre et tantôt juste propres au jeu. A commencer par le défaut propre au genre, c’est la répétitivité du gameplay, couplée ici au manque de difficulté. On avance en tuant les ennemis devant soi souvent de la même manière sans vraiment réfléchir, ou sans forcément utiliser toutes les possibilités offertes par le jeu aux côtés de Link Attacks. A l’exception de certains ennemis et de certains boss, et encore, nous avons parfois vaincu des boss avec quelques coups de Link Attacks.

En continuant sur les défauts propres au jeu, certains éléments qui pourraient paraître basiques ne sont pas forcément immédiatement disponibles ici. Par exemple, certaines possibilités de gameplay en exploration et en combat sont débloquées en renforçant les structures du village. Il est possible de s’en couper complètement en se concentrant uniquement sur la quête principale. Comme être capable de faire un double saut ou d’attaquer au-dessus ou en dessous de CJ. Ceci est certainement fait pour vous motiver à aller sur les annexes, et donc la reconstruction de New Nevaeh.

A vous de juger si ces quelques éléments subtils apportent une réelle plus-value à l’expérience qui justifierait les allers-retours nécessaires pour compléter les annexes du jeu. Heureusement, tout de même, il existe un système de déplacement rapide pour vous téléporter directement aux différents points de sauvegarde du jeu, afin de vous assister dans cette tâche. Pour le reste, il s’agit principalement de défauts de réalisation du jeu. Sans encore s’attaquer directement au visuel, il faut évoquer les animations rigides des personnages. Les gestes sont parfois tels que cela devient caricatural à voir et digne d’une sorte de playmobil.

L’effort a été mis sur les Link Attacks, on sent que c’est la mécanique phare du jeu. Sinon, les protagonistes, comme tous les autres personnages du jeu, ont un traitement d’animation minimal. Aucun effort de mise en scène non plus, même dans les moments clés du scénario. Visuellement, le jeu n’est pas moche à regarder et profite même d’une réalisation colorée et de beaux effets de lumière. Ensuite, techniquement, nous n’avons remarqué aucune baisse de vitesse sur la télévision ou sur l’ordinateur portable. Seulement, la DA et les décors entre 2D et 3D sont assez étranges. Difficile de savoir totalement si on aime le rendu ou pas. Deux choses sont certaines, l’effet de flou sur les décorations au dos et le crénelage, ou imperfection visuelle, bien visible à l’œil.

Dommage, car en soi il fourmille de détails et on sent qu’il y a une volonté de nous dépeindre au mieux ce monde pour ce petit spin-off. J’espère que ce n’est qu’un tout premier brouillon de ce qui est à venir pour Eiyuuden Chronicles: Hundred Heroes. Enfin, la bande son est juste correcte et va très bien avec le jeu. En fait, la musique est agréable à la première, deuxième puis disons troisième écoute. Puis on commence à les fredonner toujours avec le sourire, avant quelques minutes plus tard ils sont juste répétitifs et ennuyeux. Il manque donc de variétés sonores, et l’on se surprend à se délecter d’une nouvelle musique avant qu’elle ne tourne à son tour dans nos têtes. Enfin, ça manque un peu de vie, par exemple via le doublage.


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