Centre Bell |  Sting en pleine forme

Centre Bell | Sting en pleine forme

Avec une carrière qui a commencé il y a plus de 45 ans, Sting a fait le pont entre les générations comme peu d’artistes de notre époque. Mais nos souvenirs mitigés du dernier passage du chanteur avec ses collègues de The Police nous obligent à être sur nos gardes. Cela fait 15 ans, ça ne s’est certainement pas amélioré, on le craint…

Posté hier à 9:36

Pierre Marc Durivage

Pierre Marc Durivage
La presse

Basse en bandoulière, casque devant la bouche, vêtu d’un simple T-shirt, Sting a déjà la foule dans sa poche lorsqu’il occupe le devant de la scène, élégamment dénudé pour mettre en valeur les musiciens. Il invite les spectateurs à taper dans leurs mains dès que Message dans une bouteille, une pièce intemporelle qui lance les festivités en ne laissant aucun doute sur la forme de Sir Gordon Sumner. Tout le monde sur le parquet se lève d’un bond pour mieux voir le bassiste de 70 ans, maigre comme un fil, à la voix puissante et précise, bien plus, en fait, que lors de son dernier passage au Centre Bell avec son ancien groupe.

La magie opère avec l’enchaînement judicieux de belles réussites telles Si vous aimez quelqu’un, libérez-le, un anglais à New York et Chaque petite chose qu’elle fait est magique. « Tu es là pour les hits, c’est super ! Maintenant la mauvaise nouvelle, je vais jouer de nouvelles chansons, annonce Sting, glissant quelques mots de français ici et là. Mais qu’est-ce qui nous fait savoir que nous avons du succès ? Je le définis ainsi : en 1978, j’ai été réveillé par un ouvrier qui nettoyait les vitres de mon hôtel, il sifflait une chanson que j’ai reconnue. C’était Roxanne. C’était ça, un coup. La chanson suivante, j’ai commencé à composer en sifflotant. »

Assis sur un tabouret, un seul projecteur braqué sur lui, Sting continue avec Si c’est l’amourla première des quatre chansons de son nouvel album, Le pontl’un de ses plus beaux efforts depuis longtemps.

Le public est moins discipliné, on entend des gens discuter autour de nous, mais les oreilles se tendent à nouveau lorsque le choriste Gene Noble se lance dans un solo franchement inspiré pendant T’aimer. Le public reste alors accroché Eaux vivessans doute la meilleure chanson de Le pont.

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Sting a offert une généreuse soirée à ses fans montréalais.

“Enfant, j’avais deux rêves, celui d’être musicien – il fallait que je le souhaite fort, car me voici devant vous”, dit alors Sting en riant. Mon autre ambition était de devenir cow-boy. Alors j’adore la musique country, mais j’ai un problème d’authenticité, car je ne suis pas d’El Paso, mais plutôt du nord de l’Angleterre ! Alors quand le grand Johnny Cash a joué une de mes chansons, une des dernières qu’il a enregistrées, c’était comme un rêve devenu réalité pour moi. » Belle introduction pour un morceau un peu plus sombre, J’ai baissé la têtePiste de 1996 enregistrée pour l’album Chute de mercure.

Vient ensuite le puissant nouvelle journée, la chanson titre de l’album du même nom de 1999, qui mettait en vedette Stevie Wonder à l’harmonica. Justement, Sting a pris soin de s’attacher les services du jeune harmoniciste Shane Sage pour la tournée Mes chansons ; Pourtant, ce n’est pas Stevie Wonder qui veut, fait remarquer Sting à son jeune collègue. Défi relevé, défi relevé, avec brio. La pièce suivante est La forme de mon coeursuperbe ballade de Dix contes de l’invocateurrécemment remis sur le devant de la scène par le jeune rappeur Juice WRLD, qui l’a largement samplé dans son récent tube Des rêves lucides ; beau joueur, Sting a invité son choriste Gene Noble à reprendre quelques passages de la nouvelle chanson, le public a apprécié.

Un peu de tout

Ce n’est un secret pour personne que Sting a flirté avec le reggae dès les premiers disques de The Police. Si les nouvelles dispositions de Enroulé autour de mon doigt nous a fait manquer l’original, la conversion reggae de Marcher sur la lune et de Si seul était parfait, la première chanson glissant assez naturellement dans Lève-toi deboutle deuxième en No Woman No Crydeux classiques de Bob Marley.

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Sting et ses musiciens sur la scène du Centre Bell

Après le Texas et la Jamaïque, Sting s’est ensuite tourné vers le Maghreb avec Rose du désertexcellent avec le duo de guitares arabes inspirant de Dominic Miller et de son fils Rufus.

La séquence finale est orchestrée autour des classiques de The Police, comme il se doit, avec roi de la douleur, Chaque bouffée que tu respires, Roxanne — transformé dans sa partie centrale par un joli clin d’œil jazzy à Ça ne veut rien dire (si ça n’a pas ce swing) par Duke Ellington — avant de terminer par Conduit aux larmesSting étant rejoint à son tour par son fils Joe Sumner, qui avait assuré seul la première partie avec sa guitare.

Après les salutations d’usage, Sting est resté seul sur scène pour chanter la ballade Le pontbelle conclusion à une soirée qui aura eu pour effet d’effacer quelques vieux souvenirs un peu trop tenaces…


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