Le long COVID même avec Omicron

Le long COVID même avec Omicron

Vous avez 8% de chances de développer la maladie si vous êtes vacciné, selon de nouvelles données

Posté hier à 7h00

Vincent Brousseau Pouliot

Vincent Brousseau Pouliot
La presse

Quelle est la probabilité de développer un COVID de longue durée d’au moins un mois ? 7% à 9% chez les personnes correctement vaccinées, selon les données du gouvernement britannique publiées vendredi.

Ces premières données sur le long COVID avec la variante Omicron confirment que : 1) le vaccin réduit fortement (de moitié, selon UK Public Health) le risque de développer un long COVID ; 2) la variante moins virulente d’Omicron est deux fois moins susceptible de provoquer un long COVID que les variantes précédentes.

Avant le vaccin, environ 40 % des patients qui ont contracté la COVID-19 (souche originale du coronavirus, variantes Alpha, Delta) ont développé une COVID d’une durée d’au moins trois mois, et 46 % des patients, une COVID d’une durée d’au moins un mois, selon une enquête québécoise. étude réalisée avant la campagne de vaccination1.

Mais le vaccin réduit considérablement les chances d’avoir un long COVID. Au 3 avril, 7% à 9% des adultes britanniques triplement vaccinés avaient un COVID d’une durée d’un à deux mois, selon les données publiées vendredi par l’Office for National Statistics du Royaume-Uni.2 (l’équivalent de Statistique Canada). Le pourcentage (taux de prévalence) varie entre 7% et 9% selon le variant responsable de l’infection (Delta, Omicron BA.1, Omicron BA.2). Environ 9% des adultes britanniques ayant reçu deux doses de vaccin ont un long COVID un mois après l’infection par Omicron BA.1.

Une troisième dose de vaccin réduirait environ de moitié les chances de contracter un long COVID avec Delta (les risques passeraient de 15,9% à 8%), mais cela n’aurait pas d’effet significatif contre le long COVID avec Omicron BA.1, selon les données britanniques . (Omicron est la variante dominante au Québec et dans de nombreux pays aujourd’hui.)

« Parmi les adultes triplement vaccinés, nous estimons qu’environ une personne sur 15 infectée par la variante Omicron BA.1 aura des symptômes COVID durables un mois après l’infection. Cette proportion passerait à une personne sur 12 infectée par la variante Omicron BA.2 », explique Daniel Ayoubkhani, statisticien senior à l’Office for National Statistics.

Quelques données sur le long COVID

Le COVID long est la version invalidante du COVID, qui fait durer un ou plusieurs symptômes (fatigue, essoufflement, troubles cognitifs, maux de tête, douleurs musculaires, perte de goût ou d’odorat, etc.) pendant au moins un mois (définition américaine) ou au moins trois mois (définition de l’Organisation mondiale de la santé) après avoir contracté le COVID. Certains patients atteints de la forme la plus sévère de COVID au long cours deviennent carrément handicapés : ils ne peuvent plus travailler ni vaquer à leurs activités car ils sont fatigués ou physiquement affectés.

Au 3 avril, environ 2% des Britanniques avaient eu un COVID de longue durée pendant au moins trois mois. C’est 1,3 million de personnes. Environ 1,8 million de Britanniques avaient eu un COVID de longue durée pendant au moins un mois (2,8% de la population) et 0,8 million pendant au moins un an (1,2% de la population).

Si on applique ce taux de 2 % au Québec, environ 138 000 adultes québécois auraient vécu une COVID longue d’au moins trois mois.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec ne dévoile pas le nombre de patients atteints de COVID long.

Un effet « très significatif », selon DÀ M

Long COVID ne doit pas être pris à la légère, avertissent les experts.

“Nous prévoyons que cela aura probablement un effet très significatif [substantial] “, a déclaré le DTheresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada. «Nous essayons toujours de comprendre le long COVID. » Les conseils du DÀ M? “Si vous n’obtenez pas de COVID, vous n’obtiendrez pas de long COVID”, dit-elle.

“Il ne faut pas banaliser le long COVID, même s’il était pire au début de la pandémie quand les gens n’étaient pas vaccinés”, explique l’épidémiologiste Gaston De Serres, médecin-chef du groupe scientifique d’immunisation de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Même avec les vaccins, il y a des patients qui traînent des symptômes pendant des semaines et des mois.

Gaston De Serres, médecin-chef du groupe scientifique d’immunisation de l’INSPQ

Tous les longs COVID ne sont pas aussi mauvais. Certaines sont désagréables, comme lorsque vous perdez votre odorat, mais vous permettent de vivre relativement normalement. D’autre part, les patients voient leur vie complètement bouleversée. Faire une promenade peut leur prendre des heures de récupération.

Au Royaume-Uni, 20 % des patients atteints de COVID de longue durée (au moins trois mois) estiment qu’il a fortement réduit leurs activités quotidiennes (forme sévère), contre 47 % des patients avec une légère réduction des activités (forme bénigne) et 33% des patients sans impact sur leur qualité de vie (forme très bénigne).

« Nous ne voulons pas semer la peur, ce n’est pas productif. Mais les gens doivent être conscients que les risques de développer des complications avec le long COVID sont réels, même s’ils diminuent avec la vaccination, les nouvelles variantes et l’impact des nouveaux médicaments. Ces risques ne disparaissent pas et les conséquences peuvent être graves », explique le Dr.Emilia Falcone, directrice de la clinique de recherche post-COVID à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) et infectiologue au CHUM.

Symptômes et causes

Le principal symptôme du COVID long : la fatigue, qui touche 50 % des patients atteints de COVID long depuis au moins trois mois au Royaume-Uni. Viennent ensuite, entre autres, l’essoufflement (34 % des patients), la perte de l’odorat (31 %), les difficultés de concentration (25 %), les douleurs musculaires (24 %), la perte du goût (24 %), les maux de tête (22 %). %), perte de mémoire/confusion (20 %), troubles du sommeil (19 %), toux (17 %) et anxiété (17 %).

Peut-on développer un long COVID lors d’une réinfection avec Omicron ? Oui, indique le DFalcone, qui a vu des cas dans sa clinique de Montréal.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Le DEmilia Falcone, directrice de la Clinique de recherche post-COVID de l’IRCM

Les scientifiques recherchent toujours la cause du long COVID. Cinq grandes hypothèses sont avancées.

  1. Dans certains cas, notamment chez les patients hospitalisés pendant leur infection ou avec une infection grave, l’inflammation au cours de l’infection entraîne des lésions des tissus autour des vaisseaux sanguins et de divers organes, dont les poumons.
  2. Les particules virales pourraient persister dans le corps et provoquer une inflammation soutenue.
  3. L’infection virale perturberait le système immunitaire et s’attaquerait à l’organisme (maladie auto-immune).
  4. Le virus pénétrerait dans l’intestin et perturberait la flore intestinale, entraînant une inflammation dans le reste du corps.
  5. Des microcaillots se formant dans les vaisseaux sanguins causeraient des dommages à divers organes, dont les nerfs (ce qui expliquerait certains symptômes neurologiques).

1. L’étude québécoise a été menée auprès de 6061 travailleurs de la santé entre juillet 2020 et mai 2021 (environ 95 % des participants à l’étude n’étaient pas vaccinés). Une étude menée par l’Université d’Oxford avant la campagne de vaccination est arrivée à la même conclusion.

2. Les données UK Long COVID par variante et statut vaccinal incluent les cas de premières infections de la mi-mai 2021 à la mi-avril 2022.

Apprendre encore plus

  • 6%
    Pourcentage de patients atteints de COVID long au Royaume-Uni (au moins trois mois) qui ont été hospitalisés pendant leur infection COVID

    Source : Office britannique des statistiques nationales

    Femmes de 35 à 49 ans
    Groupe de personnes les plus susceptibles d’avoir un long COVID. En effet, les femmes âgées de 35 à 49 ans qui ont déjà des problèmes de santé limitant leurs activités, qui travaillent dans la santé, l’éducation ou les services sociaux et qui vivent dans des quartiers défavorisés.

    Source : Office britannique des statistiques nationales


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