Culture toxique chez Boxe Canada

Culture toxique chez Boxe Canada

Boxe Canada est en ébullition. Dans une lettre envoyée aux médias et aux différentes instances politiques fédérales, une centaine d’athlètes, d’entraîneurs et d’intervenants du milieu de la boxe amateur ont exigé le départ immédiat du directeur de la haute performance, Daniel Trépanier.

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Quand on regarde le document qui a été signé par 121 personnes, il lève le voile sur une culture toxique et sur la peur qui est présente à Boxe Canada. Une omerta et une culture du silence existent depuis dix ans afin de dénoncer la structure en place.

En outre, certains boxeurs de l’équipe nationale auraient été victimes de violences physiques et psychologiques. Pour ajouter à cela, les résultats de l’équipe nationale dans les compétitions internationales sont affamés depuis deux décennies. La dernière médaille olympique du Canada remonte à 1996.

Le nom de Trépanier n’est pas mentionné dans cette lettre, mais il est clairement la cible de plusieurs maux qui persistent à Boxe Canada. la Enregistrer a mené son enquête en sondant plusieurs personnes dans le milieu de la boxe amateur.

Les informations recueillies sont inquiétantes. Les méthodes et les actions de Trépanier sont contestées depuis plusieurs années. Plusieurs situations troublantes ont été signalées aux membres du conseil d’administration de la fédération canadienne au fil des ans.

Daniel Trépanier

Archives photographiques, Agence QMI

Daniel Trépanier

Cependant, le directeur de la haute performance a toujours été en mesure de fournir les preuves nécessaires pour neutraliser les plaintes. Il a pu garder son emploi.

Rapport dévastateur

Ce n’est pas la première fois que Trépanier est la cible de critiques pour son style de gestion.

En octobre dernier, un document, regroupant une trentaine de témoignages d’athlètes et d’entraîneurs, a été remis au président du conseil d’administration de Boxe Canada, Ryan Savage.

Cela a mis en évidence plusieurs événements qui ont eu lieu au sein de l’équipe nationale au cours des dernières années. Des faits qui ont ébranlé plusieurs membres du conseil d’administration.

Après cette rencontre, Trépanier est placé en détention administrative pour une période de trois mois. Il n’y a pas eu d’enquête indépendante. Ce sont les dirigeants de Boxe Canada qui ont fait les vérifications internes sur les différentes allégations.

Trépanier a été innocenté après avoir déposé plusieurs centaines de pages de pièces justificatives. Il a pu reprendre ses fonctions de directeur de la haute performance.

Changements d’entraîneurs

Pendant ce temps, dans le gymnase, les choses sont loin d’être bonnes. En 2017, le Brésilien Joao Carlos Soares Gomes de Barros a été embauché comme entraîneur-chef. À cette époque, il avait été identifié comme l’homme du renouveau de Boxe Canada.

Daniel Trépanier (à gauche), directeur de la haute performance accueillant Joao Carlos Soares Gomes de Barros, entraîneur-chef de Boxe Canada en octobre 2017.

Archives photographiques, Pierre-Paul Poulin

Daniel Trépanier (à gauche), directeur de la haute performance accueillant Joao Carlos Soares Gomes de Barros, entraîneur-chef de Boxe Canada en octobre 2017.

En revanche, l’expérience a été de courte durée car Barros n’a pas été en mesure de remplir les tâches administratives requises. Il a été viré.

L’an dernier, un nouvel entraîneur a été embauché en prévision des Jeux de Tokyo : John Mbumba. Le Français débarque à Montréal quelques mois seulement avant le départ de l’équipe pour le Japon.

À Tokyo, Boxe Canada, sous la forte recommandation du Comité olympique canadien, a expulsé Mbumba du village olympique pour avoir ridiculisé la performance de Myriam Da Silva sur les réseaux sociaux.

À son retour à Montréal, le cas de Mbumba a été réévalué. Le Français a été réintégré dans ses fonctions. Cependant, d’autres événements se sont produits et des boxeurs ont déposé d’autres plaintes contre lui en octobre dernier.

Mbumba a été licencié. Depuis son départ, il n’a pas été remplacé. Présentement, Trépanier porte les deux casquettes, mais ce n’est pas une situation idéale pour le développement des athlètes.

Le directeur de la haute performance aurait du mal à ne pas s’immiscer dans les entraînements et dans le travail de ses entraîneurs. Il aurait été averti plusieurs fois.

Depuis combat dangereux ?

Pour en revenir à la lettre, il est mentionné que le directeur de la haute performance les aurait forcés à mener des combats dangereux dans la pratique.

Certains athlètes auraient été contraints de mettre des gants contre des boxeurs appartenant à différentes catégories de poids. Une situation décriée à plusieurs reprises auprès des autorités de Boxe Canada, mais les plaintes n’ont pas été retenues.

De plus, selon nos informations, les liens de communication entre la centralisation de Boxe Canada et les clubs locaux sont inexistants. Ils essaient par tous les moyens de retenir les boxeurs qui ont le potentiel de travailler pour l’équipe nationale. Ils ne font pas confiance à la direction mise en place par Daniel Trépanier.

“Une fois qu’ils sont en équipe nationale, on ne peut plus parler à nos boxeurs ni les accompagner aux tournois”, a expliqué une source qui a requis l’anonymat par crainte de représailles.

Des alliés puissants

À la lumière des performances de l’équipe nationale sur la scène internationale au cours des 14 dernières années, la question sur toutes les lèvres : pourquoi
Trépanier est-il toujours en poste?

Selon trois sources proches du dossier, Trépanier aurait des liens étroits avec plusieurs hauts fonctionnaires, dont le directeur général Roy Halpin. Il aurait également une relation solide avec À nous le podium, qui a fait don de 221 000 $ à Boxe Canada en 2021 malgré de mauvais résultats.

Le conseil d’administration de Boxe Canada aurait les mains liées dans ce dossier. En vertu des lois du travail québécoises, il aurait bien du mal à justifier le congédiement de son réalisateur de haut vol. La crainte d’un procès coûteux aurait ralenti les ardeurs des dirigeants malgré les plaintes qui s’accumulent dans leurs e-mails.

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