VRAI OU FAUX.  Les ondes téléphoniques seraient-elles responsables d'un Alzheimer précoce, comme le prétend une étude récente ?

VRAI OU FAUX. Les ondes téléphoniques seraient-elles responsables d’un Alzheimer précoce, comme le prétend une étude récente ?

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Une étude récente établit un lien entre les smartphones et autres réseaux wifi et le risque de développement précoce de la maladie d’Alzheimer. La Dépêche du Midi faire le point.

Une étude, publiée le 11 mars dans la revue scientifique Recherche actuelle sur la maladie d’Alzheimer, établit un lien entre le développement de cas précoces de la maladie d’Alzheimer et la surexposition aux ondes électromagnétiques, notamment issues des téléphones portables ou du wifi.

Un excès de calcium intracellulaire

Pour ce faire, son auteur, le Dr Martin L. Pall, professeur de biochimie et de médecine fondamentale à la Washington State University, a compilé des preuves, tirées de la littérature scientifique ainsi que des recherches menées sur des rats. “Les champs électromagnétiques agissent par le biais de pointes électriques et de forces magnétiques variant dans le temps”, explique-t-il.

Depuis plusieurs années, de nombreuses études ont montré qu’un excès de calcium dans les cellules pouvait être l’un des facteurs de la maladie d’Alzheimer. Selon le Dr Martin L. Pall, l’exposition aux ondes magnétiques génère une augmentation du taux de calcium dans les cellules neuronales, en activant les canaux calciques voltage-dépendants (pompes présentes dans les parois cellulaires des neurones).

“L’exposition aux champs électromagnétiques produit des modifications conduisant à un excès de calcium intracellulaire. Cette accumulation explique les effets sur le cerveau dans la maladie d’Alzheimer”, précise le scientifique.

Un possible biais de subjectivité

Interrogée sur cette étude, Sandrine Andrieu, présidente du conseil scientifique de “France Alzheimer” et professeur de santé publique à Toulouse, appelle toutefois à la prudence. “Ce n’est pas sur la base de cette publication qu’on peut faire des annonces, précise le scientifique. D’abord, l’étude s’appuie sur des recherches menées sur des rats. Et, souvent, il y a un décalage entre ce que l’on trouve chez l’animal et De plus, l’étude n’a qu’un seul auteur, ce qui est assez surprenant”.

Autre problème : le chercheur a fait ici une synthèse d’autres articles, sans expliquer sa méthodologie de sélection. « Il est donc possible qu’il ait juste pris des articles qui l’intéressaient et qui allaient dans le sens de sa réflexion. Il peut y avoir un biais de subjectivité ».

D’autant que peu d’études sérieuses semblent avoir déjà fait un lien entre champs électromagnétiques et Alzheimer. “Il y a toujours eu des articles sur l’effet du téléphone portable, avec des tumeurs à la place. Basé sur la maladie d’Alzheimer, je n’en sais rien, même si je n’ai pas étudié le sujet”, explique Sandrine Andrieu.

Le risque d’être touché par la maladie d’Alzheimer diminue

Et y a-t-il vraiment plus de cas d’Alzheimer précoce qu’avant ? “Aujourd’hui, on a beaucoup plus d’attention. Les gens se posent beaucoup plus de questions qu’avant lorsqu’ils perçoivent un trouble. En effet, maintenant, il y a beaucoup plus de travail sur les jeunes Alzheimer, mais la détection est bien meilleure. Peut-être que certains sont passés inaperçus.” Aux âges extrêmes, c’est-à-dire avant 50 ans et au-delà de 80 ans, il y a peu de sujets, donc une grande variabilité des résultats, et donc difficile de conclure sur ces tranches d’âge”.

Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui, d’importantes études épidémiologiques montrent que l’incidence de la maladie d’Alzheimer, c’est-à-dire le nombre de nouveaux cas dans une tranche d’âge donnée, est plus faible qu’auparavant. Les raisons invoquées ? Un meilleur niveau d’éducation et une meilleure prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire notamment. “On n’a pas moins de cas au niveau de la population. Depuis que la population vieillit, on a de plus en plus de personnes qui entrent en phase de risque, donc on a mathématiquement plus de cas. Or, le risque pour un individu donné, à un âge donné, semble moins important aujourd’hui”.

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