Investissement de 338 millions |  Exo va acquérir une nouvelle flotte de bus 100% électriques

Investissement de 338 millions | Exo va acquérir une nouvelle flotte de bus 100% électriques

Québec et Ottawa accorderont 338 millions pour “transformer le modèle d’affaires” d’exo, qui chapeaute plusieurs lignes d’autobus locales en banlieue de Montréal. L’organisation deviendra ainsi propriétaire d’une nouvelle flotte entièrement électrique.

Publié à 13h35
Mis à jour à 15h23

Henri Ouellette-Vézina

Henri Ouellette-Vézina
La presse

« Toutes les activités de service d’autobus d’exo sont actuellement sous-traitées à des transporteurs privés. Chacun possède sa propre flotte », a d’emblée déclaré le ministre des Transports, François Bonnardel, lors d’une allocution en marge d’un souper-conférence de Trajectoire Québec, lundi après-midi.

Selon lui, la situation « a grandement compliqué l’électrification des bus », puisqu’elle impliquait des investissements privés, que très peu d’entreprises peuvent soutenir. « C’était une barrière à l’entrée. Il fallait une solution et c’était d’accompagner exo à devenir propriétaire de sa flotte d’autobus et de ses garages, tout en confiant au secteur privé l’exploitation et l’entretien des autobus », a déclaré M. Bonnardel.

Au total, exo vise à acquérir plus de 135 bus électriques d’ici cinq ans. Une première phase de travaux aura lieu jusqu’en 2027, avec un investissement de 338 millions, « dont la majorité des fonds proviennent du gouvernement du Québec pour l’achat d’une centaine d’autobus électriques et la construction de deux garages d’entretien », dit le bureau du ministre. Ce dernier précise que le montage financier final « dépendra des choix d’exo », mais aussi de « la disponibilité des fonds fédéraux ».

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Le directeur général d’exo, Sylvain Yelle

« D’ici 20 ans, nous voulons être propriétaires de toute la flotte d’autobus, qui pourrait compter jusqu’à 1 000 autobus électriques », confirme le directeur général d’exo, Sylvain Yelle. Il précise que les premières acquisitions débuteront en 2024. Son groupe, qui possède actuellement 600 bus, ambitionne également de construire 10 garages d’ici 20 ans. Les deux premiers seront situés sur la couronne sud.

Il y a trois ans, en 2019, exo avait conclu dans une analyse d’opportunité que son modèle économique serait “plus avantageux” s’il devenait propriétaire de sa propre flotte d’autobus, ainsi que de garages pour les entretenir. cette.

Jusqu’à présent, les réseaux exo étaient principalement constitués de lignes locales qui retombaient sur des stationnements incitatifs. De là, des lignes express vers le centre-ville partent ensuite. C’est désormais en grande partie de la gare de Brossard que partiront les autobus, à la différence que les trajets desserviront principalement les banlieues entre eux. Le REM se chargera d’amener les gens qui le désirent au centre-ville.

Un nouveau cadre financier

Le ministre Bonnardel a également annoncé lundi la mise en place prochaine d’un « cadre financier » 2023-2028 pour financer le transport en commun. C’était une demande du secteur municipal. Québec veut ainsi donner « plus de prévisibilité » à l’industrie, dont les finances et le trafic ont été durement touchés par la pandémie.

«Le gouvernement est bien conscient que le transport en commun a besoin d’un financement constant», a déclaré l’élu, réitérant toutefois que le Québec «ne peut pas être seul» dans ce dossier, invitant «tous les paliers» de gouvernement et les entreprises de transport à emboîter le pas.

À l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), le directeur général Benoît Gendron a applaudi la nouvelle. “Le futur c’est maintenant. Le financement prévisible et constant du transport en commun est un investissement pour le développement de la qualité de vie des gens, la croissance de la productivité, la lutte contre la congestion et l’étalement urbain… une priorité que nous continuons de mettre de l’avant », a-t-il écrit par écrit.

« Cela semble être un pas dans la bonne direction. Évidemment, il va falloir trouver de nouvelles sources de financement, mais nous sommes satisfaits qu’il y ait une volonté politique de travailler là-dessus », a déclaré la directrice générale de Trajectoire Québec, Sarah V Doyon. Son organisation réclame depuis quelque temps un « rééquilibrage » des investissements dans les transports publics et routiers, qui « ne nécessiterait pas de nouvelles sources de financement ».

L’impact du REM

À la mi-avril, exo avait prévenu que l’arrivée du Réseau express métropolitain (REM) sur la Rive-Sud de Montréal marquera un “grand changement” pour son réseau d’autobus, qui ne pourra plus emprunter le Samuel-De Champlain pont. pour se rendre au centre-ville. Le groupe entend dire qu’il veut profiter de l’opportunité pour redévelopper son offre entre les banlieues.


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