La surveillance des moustiques tigres reprend

La surveillance des moustiques tigres reprend

France — Avec le retour des beaux jours, les autorités françaises rappellent que le moustique tigre, vecteur potentiel de virus comme la dengue, le zika et le chikungunya font l’objet d’une surveillance et doivent être signalés. [1]. Les professionnels de la santé sont encouragés à déclarer tous les cas.

Présent dans 67 départements de la métropole

L’épidémie de Covid-19 l’avait un peu éclipsée ces deux dernières années, mais le moustique tigre est pourtant bien présent. Aedes albopictus, de son nom savant, est implanté depuis de nombreuses années dans l’océan Indien, à la Réunion et à Mayotte. Il est également présent en France métropolitaine, où il étend son territoire de manière significative et continue depuis 2004. Désormais présent dans 67 départements de France métropolitaine – contre 51 en 2019 – ce moustique peut transmettre le chikungunya, la dengue ou le zika de mai à novembre (voir carte). C’est cette capacité du moustique tigre à être un « vecteur » de ces virus qui en fait une cible de surveillance prioritaire pour les autorités sanitaires pendant sa période d’activité. A noter qu’en Guyane, Martinique et Guadeloupe, le vecteur de ces arbovirus est un moustique d’une espèce voisine, Aedes aegypti.



Augmentation spectaculaire de l’incidence de la dengue

L’objectif de la surveillance est double : freiner la progression de l’implantation du moustique tigre dans les départements où il n’est pas encore présent et limiter le risque d’importation et de circulation des virus dont il peut être le vecteur en France métropolitaine. . . La dengue est particulièrement préoccupante. On se souvient qu’en 2019, 9 cas ont été détectés en France métropolitaine (ainsi que deux cas de zika). Son incidence a considérablement augmenté au cours des dernières décennies note l’Organisation mondiale de la santé (OMS) [2]. Aujourd’hui, la moitié de la population mondiale risque de contracter cette maladie. Environ 100 à 400 millions d’infections surviennent chaque année, bien que plus de 80 % d’entre elles soient généralement bénignes et asymptomatiques. Les échanges importants entre les zones exposées et la France métropolitaine font qu’un risque d’importation de ce virus et de la maladie est largement envisageable. En effet, le moustique tigre peut s’infecter en France métropolitaine en piquant un voyageur malade et transmettre secondairement le virus à des personnes non immunisées lors de piqûres ultérieures, rappelle le ministère. Un cycle de transmission autochtone peut ainsi être généré et à l’origine d’un ou plusieurs foyers épidémiques.

Surveillance : des professionnels de santé pleinement mobilisés

La population est appelée à signaler la présence de moustiques tigres sur sa commune, d’autant plus que celle-ci n’est pas encore colonisée, en la signalant sur le portail officiel des autorités sanitaires : signalement-moustique.anses.fr.

Quant aux professionnels de santé, les autorités sanitaires rappellent qu’il est “très important de signaler à leur agence régionale de santé tout cas de dengue, de chikungunya ou de zika”. Ce signalement permet aux autorités locales de mettre en place rapidement des mesures de gestion autour des cas pour éviter la mise en place d’un cycle de transmission autochtone de ces maladies. Il s’agit d’enquêter sur chaque cas humain identifié dans un département où le moustique tigre est présent. Si le moustique est effectivement présent autour du domicile du patient, des traitements insecticides peuvent être réalisés par des opérateurs de démoustication.

Cette vigilance est d’autant plus cruciale qu’une enquête menée en 2019 par des chercheurs montpelliérains auprès d’infectiologues français avait montré que si les cliniciens sont relativement bien formés et prêts à faire face à des cas sporadiques, ils n’anticipent pas – et ne seraient pas potentiellement préparés – au moins dans les prochaines années, pour faire face aux épidémies indigènes, y compris dans les régions où les moustiques tigres sont présents. A moins que le Covid-19 n’ait changé la donne…

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