Renouvellement d'une convention collective |  La menace de grève s'intensifie chez Bombardier

Renouvellement d’une convention collective | La menace de grève s’intensifie chez Bombardier

La menace d’un conflit de travail entre Bombardier et 1 800 de ses travailleurs québécois s’intensifie : ils sont appelés à voter sur un vote de grève dès la semaine prochaine alors que les négociations pour renouveler leur contrat de travail n’avancent pas suffisamment au goût de leur syndicat .

Posté à 9h40
Mis à jour à 13h20

Julien Arsenault

Julien Arsenault
La presse

Alors que le président-directeur général de l’avionneur Éric Martel s’est montré optimiste ces derniers jours, l’Association internationale des machinistes et travailleurs de l’aérospatiale (AIMTA) voit les choses d’un autre œil.

“L’employeur a plutôt choisi de nous soumettre une offre globale, que nous refusons de vous présenter puisque l’augmentation des salaires, l’externalisation et l’indexation sur les pensions des retraités sont toujours en litige”, est-il expliqué, dans un bulletin diffusé aux membres vendredi que La presse a pu consulter.

C’est le 17 mai que les quelque 1 800 employés des usines de Dorval et de Saint-Laurent, qui assemblent notamment les jets d’affaires Challenger en plus de fabriquer des pièces comme le cockpit du Global 7500, trancheront. Un débrayage ne serait pas automatique, précise l’AIMTA à ses membres.

Essentiellement, le syndicat veut obtenir “le pouvoir d’utiliser des moyens de pression lorsque cela est jugé approprié”. Le parti syndical affirme avoir soumis une contre-proposition à Bombardier avec une date butoir fixée au 23 mai.

“Bombardier continue de négocier de bonne foi pour parvenir à une nouvelle convention collective”, a déclaré le porte-parole de l’entreprise, Mark Masluch, dans un communiqué.

L’AIMTA et l’avionneur n’ont pas voulu ajouter plus de détails. La convention collective a expiré en décembre dernier.

Selon le syndicat, Bombardier a d’abord proposé un contrat de trois ans qui s’est accompagné d’augmentations salariales de 2,5 % pour la première année, puis de 2,25 % pour les deux dernières.

Cette offre a été massivement rejetée par les salariés le 24 avril. L’AIMTA avait recommandé le rejet de la proposition, estimant qu’elle ne permettait pas de compenser l’augmentation du coût de la vie. L’inflation était de 6,7 % en mars au Canada, un sommet depuis 1991.

“L’enjeu d’une convention collective est de prévoir ce que sera l’inflation la deuxième et la troisième année”, a déclaré M. Martel le 5 mai, en marge de la présentation des résultats du premier trimestre, au sujet des négociations.

Lors d’une conférence téléphonique, il s’est dit “très confiant” de s’entendre avec ses employés. Les cinq principaux dirigeants de Bombardier ont vu leur rémunération fixée à 21 millions de dollars l’an dernier. Ils se sont partagé des bonus en espèces de 7,2 millions.

Le lock-out se poursuit chez Rolls-Royce Canada

Si la grève a été évitée chez Stelia – l’un des principaux fournisseurs de l’A220 d’Airbus – le lock-out chez Rolls-Royce Canada ne semble pas près d’être réglé. Représentés par la CSN, les 530 travailleurs spécialisés en maintenance de moteurs d’avions ont rejeté à 94 % l’offre globale et définitive de leur employeur en début de semaine. Le conflit de travail a éclaté le 15 mars dernier. Selon le syndicat, Rolls-Royce Canada demande un gel salarial de deux ans et la fin du régime de retraite à prestations déterminées. La convention collective est expirée depuis mars 2020.

Apprendre encore plus

  • 8000
    C’est le nombre d’employés de Bombardier, exclusivement recentré sur les jets d’affaires, au Québec.

    Bombardier


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