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Réchauffement climatique, urbanisation, mondialisation : pourquoi les pandémies risquent de se multiplier

Les scientifiques estiment que de nouvelles pandémies, de l’ampleur du Covid-19, surviendront probablement dans les années à venir en raison de l’évolution de notre environnement et de nos modes de vie.

Les experts tirent la sonnette d’alarme. Alors que l’épidémie de Covid-19 est actuellement en décroissance, sans pour autant qu’elle soit terminée, les scientifiques réfléchissent déjà aux suites et estiment qu’il est probable qu’apparaissent de nouvelles pandémies dans les années à venir. Cela est dû notamment au réchauffement climatique, à la déforestation et à l’augmentation des déplacements de personnes.

H1N1, Zika, Ebola, Covid-19… Les pandémies seront-elles le mal du XXIe siècle ? Certains experts sont en tout cas inquiets lorsqu’ils observent l’évolution de nos modes de vie et de notre environnement.

“La probabilité qu’il y ait une pandémie est plus grande qu’avant”, prévient Yazdan Yazdanpanah, directeur de l’Agence nationale de recherche sur le sida-infectiologie (ANRS), dans Le Parisien.

Climat et faune animale impliqués

Première préoccupation : le réchauffement climatique. “Quand la température augmente de 4°C, il y a forcément plus de moustiques, porteurs de microbes”, estime le directeur de l’ANRS.

La hausse des températures – avec les nombreuses conséquences que l’on imagine sur l’évolution des écosystèmes – risque également de conduire de nombreuses espèces animales à quitter leur habitat pour des lieux plus vivables, rapporte également une étude publiée le 28 avril dans la revue scientifique américaine Nature. Ce qui les amènerait à entrer en contact avec l’espèce humaine.

Cette rencontre entre l’homme et certaines espèces animales n’est pas anodine, puisque “65% des pathogènes viennent du monde animal et de l’environnement”, rappelle Yazdan Yazdanpanah.

Si rien n’est établi avec certitude, il est en outre “fortement probable” que le Sars-Cov2, le virus responsable de l’épidémie de Covid-19, soit lui-même une zoonose, c’est-à-dire une maladie d’origine animale, rappelle Benjamin Roche, directeur de recherche à l’institut de recherche pour le développement, en Provence.

D’autres phénomènes participent à augmenter le risque de rencontres entre l’espèce humaine et les animaux : l’urbanisation, et donc les nombreuses déforestations, selon Yazdan Yazdanpanah, mais aussi l’agriculture et l’élevage intensifs, pour Benjamin Roche.

Enfin, les déplacements très fréquents de personnes d’un bout à l’autre du globe contribuent à « accélérer la propagation des virus », indique le directeur de l’ANRS. En résumé, deux réalités qui s’opposent, pour le chercheur : “d’un côté l’environnement a changé, de l’autre la population est vieillissante et plus fragile”.

“Pour lutter, il faut innover”

Selon un rapport sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), publié en octobre 2020, le meilleur moyen de lutter contre les risques de pandémie reste de réduire significativement les activités humaines mettant en danger la biodiversité et de réduire les contacts entre les personnes. espèces animales. Mission impossible? “Il s’agit de trouver un juste compromis avec les besoins de l’alimentation humaine”, lâche Benjamin Roche, qui est l’un des auteurs de l’étude.

Mais ne peut-on pas craindre qu’il soit déjà trop tard, à moins de changer radicalement notre mode de vie ? Yazdan Yazdanpanah refuse de céder au pessimisme, considérant que la communauté scientifique est consciente des risques et que nous pouvons nous y préparer.

“Pour lutter, il faut innover”, lance-t-il, évoquant même un “plan d’attaque” en préparation chez les épidémiologistes.

Ce plan consisterait notamment à étudier de près l’évolution des virus chez les animaux, afin de mieux identifier les maladies susceptibles d’être transmises à l’espèce humaine. Les scientifiques travaillent également sur de nouveaux traitements et vaccins pour “les cinq à dix agents pathogènes à risque épidémique comme le chikungunya ou le Zika”, selon le médecin.

Les projets « One Health – one health », lancés en janvier 2021, s’intéressent déjà aux liens entre la santé humaine et notre environnement. En lançant la recherche et l’étude des virus sur les animaux, elle vise à prévenir la transmission des maladies animales à l’homme.

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