PME |  Près de 66 % des propriétaires proches de l'épuisement professionnel

PME | Près de 66 % des propriétaires proches de l’épuisement professionnel

La santé mentale des entrepreneurs a été mise à l’épreuve par la gestion de deux années de pandémie. Près des deux tiers des propriétaires de petites entreprises disent qu’ils sont “plus proches que jamais de l’épuisement professionnel”.

Posté hier à 14h30

Stéphane Rolland
La Presse Canadienne

C’est la conclusion d’une série de sondages menés par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) auprès de ses membres depuis le début de la pandémie. Les résultats sont analysés dans le rapport « Au bord du gouffre : la santé mentale dans les PME canadiennes », rendu public mardi.

La situation est préoccupante, dit Jasmin Guénette, vice-président aux affaires nationales de la FCEI. “C’est déjà très épuisant, en temps normal, de gérer sa propre petite entreprise”, confie-t-il dans une interview. Le propriétaire d’une PME est souvent celui qui s’occupe de toutes les opérations au sein d’une organisation. »

La pandémie a ajouté un stress supplémentaire aux entrepreneurs, note la FCEI, qui sonde ses membres sur leur santé mentale depuis 2018. De nombreux entrepreneurs ont dû s’endetter pour traverser la crise. En moyenne, les PME canadiennes ont contracté près de 160 000 $ de dettes en raison de la pandémie.

PHOTO FOURNIE PAR FCEI

La situation est préoccupante, dit Jasmin Guénette, vice-président aux affaires nationales de la FCEI. “C’est déjà très épuisant, en temps normal, de gérer sa propre petite entreprise”, confie-t-il dans une interview. Le propriétaire d’une PME est souvent celui qui s’occupe de toutes les opérations au sein d’une organisation. »

Les propriétaires de petites entreprises se retrouvent à travailler de très longues heures pour maintenir leur entreprise à flot dans des conditions très difficiles.

Jasmin Guénette, vice-président aux affaires nationales de la FCEI

Sans surprise, le rapport montre que la santé mentale des propriétaires est plus fragile dans les entreprises qui se retrouvent dans une position plus difficile en raison de la pandémie. Les propriétaires qui disent être les plus proches de l’épuisement professionnel sont moins susceptibles de diriger une entreprise qui a complètement repris ses activités, a rappelé tous ses employés ou est revenue à un seuil de revenu «normal».

Propriétaires et employés se retrouvent souvent dans le même état d’esprit au sein d’une même entreprise. Parmi les entrepreneurs « proches du burn-out », 75 % ont déclaré savoir qu’au moins un de leurs employés avait une santé mentale « précaire ».

Pour l’ensemble des propriétaires de PME, ce taux est de 54 %. En 2020, seuls 35 % des propriétaires de petites entreprises avaient ce souci.

Les problèmes de santé mentale liés à la pandémie nuisent à la productivité des entreprises, selon 54 % des répondants. Cette hypothèse est particulièrement répandue dans la finance et l’assurance (65 %), les services sociaux (64 %) et les arts, spectacles et information (61 %).

Tomber des tabous

M. Guénette voit encore de bonnes nouvelles dans les réponses des propriétaires. Il note que les entrepreneurs et les employés sont de plus en plus ouverts à l’idée de parler de santé mentale.

Sept propriétaires d’entreprise sur 10 se disent à l’aise pour discuter du sujet avec leurs employés. Les obstacles tombent également parmi les employés, six sur dix se sentant à l’aise pour discuter du sujet avec leur patron.

Faire preuve d’ouverture ne signifie pas que vous vous sentez bien outillé pour soutenir vos employés. Seulement 31 % des propriétaires de petites entreprises croient qu’ils sont bien préparés pour faire face aux problèmes de santé mentale de leurs employés, comparativement à la moitié qui croient qu’ils sont mal préparés.

« Bien sûr, c’est un défi pour les propriétaires de PME : ils ne sont pas des spécialistes de la santé mentale. »


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