Le panier d'épicerie |  La popularité des boîtes à lunch est en baisse

Le panier d’épicerie | La popularité des boîtes à lunch est en baisse

Le pourcentage d’abonnés aux services de boîtes-repas au Canada, comme Goodfood ou HelloFresh, a diminué à 8,4 % en 2021, comparativement à 12,8 % en 2020. Ainsi, l’industrie des boîtes-repas au Canada a peut-être atteint son apogée.

Posté hier à 19h30

Le concept de la boîte à lunch a le même lien avec la nourriture qu’IKEA a avec les meubles. L’assemblage des éléments reste la seule étape à réaliser, ce qui donne à l’acquéreur l’impression d’être le maître d’œuvre, ou presque. Les kits de repas livrés à domicile permettent aux consommateurs de se sentir comme des chefs, pour un moment. Tout au long de la pandémie, cette solution de repas a connu un engouement sans précédent, donnant des idées aux familles en quête d’inspiration culinaire.

Cependant, les ventes dans ce secteur nous indiquent que l’industrie des boîtes à lunch a peut-être atteint son apogée au Canada au cours des derniers mois.

La plupart des Canadiens ont retrouvé une vie normale, redevenant nomades et passant moins de temps dans la cuisine. Selon un récent sondage mené par l’Université Dalhousie, en partenariat avec Caddle, 8,4 % des Canadiens sont maintenant abonnés à un service de boîtes à lunch. Cela représente une baisse par rapport aux 12,8 % enregistrés en novembre 2020, quelques mois seulement après le début de la pandémie.

Alors que 69,1 % des Canadiens n’ont jamais souscrit à un service de boîtes-repas, 22,5 % ont cessé d’utiliser un tel service après l’avoir essayé. Seuls 3 % des répondants prévoient désormais d’utiliser le service pendant au moins un an. Seulement 9,8% des personnes pensent qu’elles utiliseront un tel service à l’avenir, mais restent incertaines. Ces pourcentages sont très faibles et la fidélisation de la clientèle devient véritablement un problème au sein de cette industrie.

Les plus grands utilisateurs de boîtes à lunch sont la génération Z à 14,5 %, suivie de la génération Y à 12,1 % et de la génération X à 7,9 %. Les baby-boomers ferment la marche avec un maigre 3,2 %. Parmi les provinces, le taux d’utilisation actuel le plus élevé se trouve en Colombie-Britannique à 10,4 %, suivi du Québec à 9,3 % et de l’Alberta à 9 %. L’Ontario suit la moyenne nationale à 8,4 %. Le taux le plus bas au pays se trouve au Manitoba, à 4,5 %.

Parmi les Canadiens qui utilisent aujourd’hui des boîtes à lunch, seulement 15,8 % n’avaient jamais commandé ces trousses avant la pandémie. Considérant que le marché a été inondé de remises et de coupons pendant des mois pour rendre les consommateurs accros à certains de ces services, ce pourcentage s’avère étonnamment bas. En effet, pendant un temps, de nombreux fournisseurs de kits repas subventionnaient en partie leur propre demande.

Parmi ceux qui utilisent ces services, 66,1% commandent ces kits quotidiennement ou hebdomadairement. Parmi les principales motivations pour passer une commande figurent la commodité (57,7 %), le gain de temps (30,4 %) et l’évitement de la planification des repas (15,4 %). On dit que les boîtes à lunch incitent les ménages à moins gaspiller de nourriture, mais les faits sont souvent anecdotiques. HelloFresh reste le service le plus populaire avec 32% des personnes interrogées, suivi de Goodfood avec 24,6%. Chef’s Plate, propriété de HelloFresh, est troisième avec 14,9 %.

Selon certaines estimations, le marché des kits de repas au Canada vaut probablement environ 1,1 milliard de dollars aujourd’hui, contre seulement 5 millions de dollars de plus il y a 10 ans. À son apogée en 2020 et 2021, le marché a dépassé 1,5 milliard de dollars. Tout un exploit réalisé pour ce segment de marché, même si l’on constate que la demande se contracte.

Cependant, les prix relativement élevés et les emballages peu respectueux de l’environnement semblent éloigner les consommateurs des kits repas. Le prix moyen par repas se situe généralement entre 8 $ et 13 $ par personne. Malgré ce prix, ces kits nécessitent tout de même du travail, et il faut encore laver la satanée vaisselle. Au total, 78,1% des consommateurs ont abandonné le service car les prix étaient trop élevés et 67,5% ont arrêté d’utiliser le service à cause des emballages non durables.

Une véritable menace pour ces services émerge avec les grandes entreprises de distribution. Les épiciers ont amélioré leur livraison. Certaines enseignes proposent également des box repas sous différentes formes. Le taux de rétention des sites d’épicerie en ligne s’avère également beaucoup plus élevé. Les acheteurs d’épiceries en ligne reviendront pour une deuxième commande plus de 80 % du temps, selon Nielsen IQ. La fidélité joue incontestablement en faveur de nos épiciers. On pourrait voir davantage de kits repas proposés par les épiciers eux-mêmes ou par des chaînes de restauration utilisant le réseau de distribution de nos épiciers pour rejoindre les clients, physiquement ou virtuellement.

Certains Canadiens s’en tiendront aux services de boîtes à lunch, mais l’industrie fait face à des défis majeurs. L’économie se normalise, obligeant les consommateurs à passer moins de temps à la maison, et le coût des aliments devrait faire grimper les prix. Le concept reste excellent, mais la formule demande une nouvelle approche.


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