Comment les moustiques repèrent-ils les humains à piquer ?

Comment les moustiques repèrent-ils les humains à piquer ?

João Paulo Burini/Getty Images

Le moustique Aedes aegypti adore le sang humain, ce qui pose problème car il véhicule de nombreuses maladies (fièvre jaune, dengue, Zika…).

BZZZZ – Bien installé dans votre lit, vous entendez soudain son bourdonnement près de votre oreille. Ce bruit caractéristique n’est jamais apprécié, étant le signe d’une morsure potentielle. Cependant, tout le monde ne semble pas être dans le même bateau. En effet, les moustiques ne frappent pas les humains au hasard, alors que certaines espèces se sont même spécialisées dans notre traque.

Mais comment les moustiques se concentrent-ils pour dénicher les humains avec une telle précision ? C’est la question qu’une nouvelle étude publiée ce mercredi 4 mai dans la revue Nature. Ce dernier s’est particulièrement concentré sur une espèce, le moustique Aedes aegypti.

En effet, ces animaux montrent une préférence écrasante pour les humains par rapport aux autres animaux comme l’explique l’étude de Zhilei Zhao, chercheur postdoctoral en neurobiologie et comportement à l’université Cornell.

Distinguer les humains des autres animaux

Il est maintenant établi que les moustiques utilisent leur odorat pour frapper. Chaque animal (nous y compris) dégage un appétissant bouquet d’odeurs pour ces insectes. Il peut s’agir de bactéries (feuilles de Brevibacterium) présentes sur nos pieds, de composés spécifiques (comme l’acide lactique) que nous émettons lorsque nous transpirons ou même de dioxyde de carbone que nous expirons.

Cependant, bien que les scientifiques connaissent l’importance de ces signaux chimiques pour les moustiques, la plupart d’entre eux sont communs à de nombreux animaux. Alors comment parviennent-ils à les différencier et à cibler spécifiquement les humains ? La réponse se trouve dans le minuscule cerveau des moustiques selon cette nouvelle étude.

Pour ce faire, les chercheurs ont utilisé une technique qui consistait grossièrement à flasher des neurones de moustiques à l’aide d’un outil fluorescent (CRISPR) lorsqu’une cellule nerveuse était activée. Ils ont ensuite exposé les moustiques à un échantillon d’odeurs prélevées sur différents animaux, y compris des humains, pour observer quelles zones du cerveau s’éclairaient en réponse à différentes odeurs.

chirurgie du cerveau ouvert

Pour pouvoir observer ce qui se passait dans le cerveau des moustiques, l’équipe a dû opérer les insectes vivants en leur ouvrant le crâne. La tâche est ici bien plus ardue qu’un simple “médecin fou”, puisque le cerveau de ces animaux mesure environ 0,5 millimètre de diamètre.

João Paulo Burini via Getty Images

Photo du crâne d’un moustique Aedes aegypti, qui ne mesure pas plus de 0,5 millimètre de diamètre.

Après analyse, il a été constaté qu’un faisceau bulbeux de nerfs, connu sous le nom de glomérule, réagissait fortement aux odeurs humaines (et faible aux odeurs animales). Parmi ces odeurs humaines, deux semblaient particulièrement attirer fortement les moustiques : celles dites décanales et undécanales, qui ont une odeur douce et citronnée, semblable à la peau d’orange.

Grâce à ces découvertes, les chercheurs pourraient développer des formules chimiques qui réduiraient l’activité du glomérule H, voire le bloqueraient, ce qui rendrait les répulsifs anti-moustiques plus efficaces. Une autre application serait d’utiliser des odeurs qui attirent les moustiques pour créer des appâts qui les éloignent des humains.

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