Essai routier |  Volkswagen ID.4 : le véhicule (électrique) du peuple

Essai routier | Volkswagen ID.4 : le véhicule (électrique) du peuple

Comment rendre le tout électrique affriolant pour des clients qui n’ont pas vraiment d’intérêt pour le truc ? Alors que les industriels vont progressivement faire face à un déluge de réglementations pour stimuler l’approvisionnement en électricité, la question s’avère fondamentale et les oblige à repenser complètement leur approche. Chez Volkswagen, l’ID.4 cherche à répondre avec son physique de SUV compact, un segment en vogue. Mais qu’est-ce que c’est vraiment ?

Posté à 11h45

Charles René

Charles René
La presse

Concevoir

PHOTO FOURNIE PAR VOLKSWAGEN

La Volkswagen ID.4 AWD Pro a une posture plutôt organique avec des lignes courbes prédominantes.

S’étirant sur 4,6 m, le Volkswagen ID.4 est légèrement plus court qu’un Volkswagen Tiguan, confirmant le positionnement au cœur de son segment très prisé. Sculpté par le vent pour offrir le moins de résistance, il a une posture plutôt organique avec des lignes courbes prédominantes. Le haut de la ceinture de caisse, qui s’abaisse par rapport au garde-boue avant puis remonte vers l’arrière, en témoigne. A l’instar des véhicules électriques modernes, sa face avant est peu ouvrante, avantage de la gestion thermique plus simple de ces moteurs électriques. Le soir venu, le logo du constructeur s’éclaire plus haut, surmonté d’une ligne de diodes qui relie les deux phares, un élément visuel qui distingue cette ID.4. L’arrière reprend cette idée de continuité avec un bloc de feux qui parcourt la largeur du véhicule. Il n’y a rien de révolutionnaire dans l’ensemble, mais on perçoit une volonté de modernité et de raffinement bien dosée.

À bord

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L’intérieur de la Volkswagen ID.4 AWD Pro

L’habitacle est accessible au moyen de poignées de porte fixes qui sont actionnées par le bas. C’est un peu déroutant, mais on s’y habitue. Le thème futuriste est bien ancré, mais sans excès. L’idée ici est d’avoir la configuration la plus raffinée possible en traquant les touches physiques, ce qui nécessite d’intégrer de nombreuses commandes au système d’infodivertissement. Nous reviendrons sur ce dernier point, mais il est impossible de ne pas porter un regard critique sur cette décision. La complexité des tâches que l’on pourrait considérer comme habituelles est décuplée, ne serait-ce que pour régler la température dans l’habitacle, et la réactivité des touches tactiles n’est pas constante. Cela dit, quand on regarde l’espace physique offert par cette cabane, c’est plutôt exceptionnel. L’espace pour les jambes à l’avant, rehaussé par l’absence d’une grande console centrale, est sans égal parmi les concurrents à essence. Idem à l’arrière, du fait que la batterie est placée sous le plancher.

Sous la capuche

ILLUSTRATION FOURNIE PAR VOLKSWAGEN

La Volkswagen ID.4 AWD Pro utilise deux moteurs électriques pour sa transmission intégrale.

Volkswagen propose ici deux agencements mécaniques selon une formule désormais établie dans le monde des véhicules électriques modernes. La livrée standard a 201 ch produits par un seul moteur électrique. L’option, à traction intégrale, gagne 94 ch, pour 295 ch, un gain apporté par un moteur supplémentaire placé sur le train avant. Cette dernière variante confirme une bonne vitesse à l’essai, mais ne peut vraiment égaler la Hyundai Ioniq 5 à transmission intégrale de 320 ch. Un peu plus d’une demi-seconde sépare les deux au 0-100 km/h chrono, selon les chiffres donnés par les constructeurs (5,8 s contre 5,1 s). Une batterie de 82 kWh fait office de réserve d’énergie, offrant 394 km d’autonomie théorique à cette livrée bimoteur. C’est 355 km qui s’affichaient à pleine charge dans des conditions printanières, et la consommation énergétique tournait autour de 23,6 kWh/100 km, ce qui est acceptable pour le gabarit, mais un peu moins bien que le concurrent coréen. .

Au volant

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La direction, un peu lourde, ne présente pas de lacunes flagrantes et guide bien cette ID.4.

Pas besoin d’appuyer sur un bouton pour allumer l’ID.4. Il suffit d’avoir la clé dans la poche et de faire pivoter une sorte de levier horizontal placé à droite du bloc d’instrumentation. Le véhicule s’active alors, émettant un léger scintillement à mi-chemin entre un moteur à réaction qui démarre et un métro. Basé sur un châssis électrique modulaire (MEB), il reçoit une combinaison traditionnelle en ce qui concerne sa suspension : des jambes de force à l’avant et une configuration multibras à l’arrière. Son centre de gravité bas assure de bons virages, mais les béquilles de sécurité interviennent très rapidement pour pincer les disques et redresser sans cesse le véhicule. Le comportement est donc très neutre et dénué de saveur, ce qui est cohérent avec sa mission familiale. La direction, un peu lourde, ne présente pas de lacunes flagrantes et guide bien cette ID.4. Le freinage, quant à lui, manque un peu de progressivité et le réglage du système régénératif n’est pas possible, un point faible.

Technologies embarquées

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L’écran tactile de la Volkswagen ID.4 AWD Pro

Fruit d’une réforme également introduite dans les nouvelles Golf GTI et R, le système d’infodivertissement impressionne en préambule avec son grand écran de 12 pouces (norme 10 pouces) de très bonne définition et bien placé. Cependant, nous déchantons assez rapidement. Il s’engourdit très souvent lorsqu’on appuie sur une icône. Lorsque vous essayez de changer de menu en traçant un trait horizontal avec votre doigt, ses moyens limités ralentissent grandement la navigation. Ajoutez à cela une barre tactile non éclairée pour régler la température et le volume sonore. Contrairement aux Golfs, cette ID.4 dispose d’un bloc d’instrumentation très basique, ce qui limite également les informations pouvant être obtenues en dehors de ce système. Autre source de frustration : tous les éléments de sécurité active sont réactivés à chaque redémarrage et il n’y a pas de boutons d’accès rapide au système antipatinage/contrôle de stabilité. Enfin, le son du système audio est fondamentalement désagréable car il manque de texture.

Le verdict

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Cette ID.4 donne l’impression d’un produit pas tout à fait au point. Son insonorisation pourrait sans doute être meilleure, tout comme l’assemblage.

Il faut évidemment saluer l’arrivée de Volkswagen dans l’intégrale électrique. Le géant allemand reste une force de frappe d’une éloquence exceptionnelle lorsqu’il fait appel à ses nombreux ingénieurs et à sa puissance de fabrication. Il n’en demeure pas moins que cette ID.4 donne l’impression d’un produit qui n’est pas tout à fait au goût du jour. Son insonorisation pourrait sans doute être meilleure, de même que l’ensemble qui a craqué par la verrière lors de l’essai. Il y a aussi et surtout le système d’infodivertissement qui demande beaucoup trop d’attention au volant. Cependant, les bases sont solides. L’intérieur nous gratifie d’une présentation moderne et raffinée. Il est également très spacieux, profitant des avantages techniques d’une plate-forme électrique. Sa conduite est équilibrée et son confort fait de l’autoroute son habitat naturel. Bref, il y a du bon et du mauvais ici, ce qui le place au milieu d’un peloton de plus en plus encombré.

Cahier

Prix ​​compétitif

L’ID.4 est offerte à un prix de départ de 44 995 $ pour la version à deux roues motrices et de 49 995 $ pour la version à traction intégrale. Ces prix assurent l’accès aux incitatifs provinciaux (7 000 $) et fédéraux (5 000 $) et le rendent très compétitif.

Les vertus de la patience

Tous les exemples de l’année modèle 2022 de l’ID.4 ont été vendus. Pour les intéressés, il faudra s’armer de patience pour mettre la main sur un modèle 2023, qui sera produit à Chattanooga, dans le Tennessee.

Le poids de l’électricité

A 2217 kg, dont 493 kg pour la seule batterie, l’ID.4 pèse 468 kg de plus qu’un Volkswagen Tiguan. C’est lourd, mais tout ce poids est concentré très bas, ce qui atténue son effet sur la tenue de route du SUV.

Charge correctement rapide

Le SUV est compatible avec les bornes de recharge jusqu’à 135 kW. C’est nettement moins que les Hyundai Ioniq 5 et Kia EV6 (350 kW), mais cela assure de passer de 10 % à 80 % en 36 min sur des bornes compatibles.

Remorquage

Le SUV peut tracter une charge allant jusqu’à 1224 kg. Bien sûr, il faut s’attendre à une baisse beaucoup plus rapide de l’autonomie pendant l’effort.

Fiche technique

  • Modèle testé : Volkswagen ID.4 Pro AWD Distinction Package
  • Moteurs : moteur électrique asynchrone avant + moteur électrique synchrone arrière à aimants permanents
  • Puissance : 295 ch (deux moteurs ensemble)
  • Couple : 119,5 lb-pi (moteur avant) et 228,6 lb-pi (moteur arrière)
  • Transmission : prise directe
  • Architecture moteur : deux moteurs électriques, un pour chaque essieu
  • Autonomie (ÉnerGuide) : 394 km
  • Prix ​​(avec options, transport et préparation) : 60 440 $
  • Concurrents : Ford Mustang Mach-E, Hyundai Ioniq 5, Kia EV6, Nissan Ariya, Subaru Solterra, Tesla Model Y et Toyota bZ4X
  • Nouveau en 2022 ? Pas de changements majeurs. Tous les 2022 exemplaires vendus.


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