Grand Montréal |  Le prix de l'essence franchit la barre des 2 $

Grand Montréal | Le prix de l’essence franchit la barre des 2 $

Les automobilistes de la grande région de Montréal ont eu une mauvaise surprise vendredi matin : de Mirabel à Salaberry-de-Valleyfield en passant par Laval, Longueuil et le Plateau Mont-Royal, le coût du litre d’essence a franchi les 2 $.

Mis à jour hier à 20h00

Karim Benessaieh

Karim Benessaieh
La presse

Frédérik-Xavier Duhamel

Frédérik-Xavier Duhamel
La presse

Selon la Régie de l’énergie, il fallait débourser en moyenne exactement 202,7 cents, un sommet, dans l’ouest de l’île de Montréal, à Dollard-des-Ormeaux et à Dorval. Dans les autres secteurs touchés, les prix variaient de quelques décimales au-dessus de 2 $.

Il s’agit d’augmentations d’environ 8 cents le litre par rapport aux prix enregistrés lundi dernier.

La seule exception notable dans la grande région de Montréal, toujours selon le rapport de la Régie de l’énergie, était une moyenne de 196,9 cents dans les secteurs Anjou et Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles. . Dans tous les cas, il s’agit d’un prix inférieur à celui que CAA-Québec juge « réaliste », compte tenu du coût d’acquisition et de la marge bénéficiaire des détaillants, dans sa section Info essence. Pour Montréal, en date de vendredi, ce prix réaliste est de 202,8 cents.

«Ça fait mal au porte-monnaie», lance Érika Lepage, qu’elle a rencontrée alors qu’elle faisait le plein dans une station Petro-Canada de l’avenue Papineau, à Villeray. Elle doit faire environ 40 km chaque jour pour aller travailler, donc “c’est sûr que ça me touche encore beaucoup”.

«Avant, ça me coûtait 45 $ pour faire le plein, maintenant ça coûte 110 $, 120 $», observe un homme qui se présente simplement comme Armando. “Parfois, je veux aller quelque part, mais je pense toujours à l’essence […] et le gouvernement n’aide pas, contrairement à l’Ontario », soupire-t-il, où les progressistes-conservateurs de Doug Ford ont temporairement réduit les taxes sur l’essence et le diesel.

Suzanna Aguilar ne met que ce dont elle a « vraiment besoin » dans son réservoir aujourd’hui, alors que le prix à la pompe dépasse à peine 2,01 $ le litre à cette station. “J’attendrai qu’il descende avant de faire le plein”, a-t-elle déclaré.

« Les indicateurs pétroliers sont en forte hausse depuis plusieurs semaines et les hausses successives sont aussi de nouveaux records dans toutes les régions du Québec, à notre connaissance », indique Nicolas Ryan, directeur des affaires publiques chez CAA-Québec.

A l’heure actuelle, il reste impossible de savoir combien de temps cette situation va durer.

Nicolas Ryan, directeur des affaires publiques chez CAA-Québec

Selon la Régie de l’énergie, le prix minimum de l’essence pour les détaillants de l’agglomération de Montréal est de 189,7 cents. L’essentiel de ce montant est le prix payé pour le chargement, soit 132,36 cents, auquel il faut ajouter 29,20 cents en taxe d’accise fédérale et taxe provinciale sur les carburants (TCP), ainsi que la vente.

Ailleurs au Québec, les prix de l’essence ont généralement grimpé au cours de la semaine, mais sont demeurés sous les 2 $ le litre. Le meilleur prix est au Saguenay, 187,9 cents.

Pas comme en 1973 et 1979

Pour George Iny, directeur de l’Association pour la protection des automobilistes (APA), ces augmentations devraient amener les consommateurs à reconsidérer leur choix de véhicules. « Nous sommes « gaspilleurs », tranche-t-il. Nous pourrions tous conduire des voitures qui consomment 6 litres aux 100 km ; nous serions un peu plus à l’abri de la flambée des prix du carburant. Mais la moyenne est plus dans les 10 litres. Les gens abandonnent les compacts et passent aux SUV. »

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

George Iny, directeur de l’Association pour la protection des automobilistes

Il reconnaît toutefois que le passage aux véhicules hybrides ou électriques est considérablement compliqué par des problèmes d’approvisionnement. « Un consommateur d’aujourd’hui qui veut faire cette transition aura son véhicule en 2023. Le marché est étranglé et les prix sont élevés. »

Il doute que la hausse récente du prix de l’essence ait le même effet que lors des chocs pétroliers de 1973 et 1979, qui avaient poussé les automobilistes à se doter de véhicules plus petits. “Les gens à l’époque étaient prêts à réduire la taille et le poids de leur voiture, c’était un petit sacrifice. Aujourd’hui, c’est l’inverse : la technologie permet des économies de carburant, mais il y a un effet de déplacement, on achète plus gros. »

Sur les marchés internationaux, le prix du pétrole a connu une hausse notable cette semaine. Selon Yahoo! Finances, le prix du pétrole brut (brut) est passé de 101,57 USD lundi à 109,23 USD au moment d’écrire ces lignes, en hausse de 7,5 %. La guerre en Ukraine et les difficultés d’approvisionnement, notamment, ont entraîné une extrême volatilité des prix du pétrole.


#Grand #Montréal #prix #lessence #franchit #barre #des

Leave a Comment

Your email address will not be published.