Jeux vidéo : "Trek to Yomi", une vive revanche dans le Japon médiéval

Jeux vidéo : “Trek to Yomi”, une vive revanche dans le Japon médiéval

Dans une ambiance digne des meilleurs films d’Akira Kurosawa, le joueur devra tailler en pièces ses ennemis selon le code d’honneur des samouraïs. Un titre d’une beauté originale et une grande leçon sur la culture japonaise.

Sur le point de partir défendre sa ville menacée par une horde impitoyable, un maître d’armes ordonne à son jeune apprenti samouraï de rester dans son dojo. Visiblement, celui-ci – dont le nom est Hiroki – désobéit et se retrouve à devoir affronter le chef des pillards… Le Sensei réussira à lui sauver la vie, mais au prix de la sienne. Au moment de la mort, il fait promettre à Hiroki de protéger la ville et ses habitants coûte que coûte. Ce serment prendra effet des années plus tard, lorsque la région environnante sera à nouveau incendiée et sanglante. Et ce sera pour Hiroki l’occasion de punir le responsable de la mort de son mentor…

Sur papier, Randonnée à Yomi se tient à mi-chemin entre Fantôme de Tsushima et Sifu. Dès le premier, il reprend l’univers de la chevalerie japonaise, tandis que le thème de la vengeance rappelle inévitablement le second. Mais quand les titres précités reflètent les tendances actuelles des grosses productions vidéoludiques, avec leurs caméras gratuites dans le dos des avatars, Randonnée à Yomi suppose un retour aux canons de la mise en scène à la fin du siècle dernier. Angles de caméra fixes et mouvements rares précalculés en fonction de notre position à l’écran : le titre fait directement écho au premier Resident EvilSilent Hill. Son cœur de jeu, l’affrontement au katana, fait référence au premier Prince de Perse avec l’adoption systématique d’une perspective 2D forcée chaque fois qu’Hiroki fait face à des attaquants.

Simple en théorie grâce à son axe horizontal fixe, le système de combat au sabre demande néanmoins sang-froid et étude minutieuse des attaques ennemies. Le joueur devra faire preuve d’un certain sens du timing, esquiver, parer et contrer. Car, ici, la mort survient en une poignée de secondes et autant de coupures. Bien que notre progression permette le déblocage d’enchaînements dévastateurs et d’exécutions, l’apparition d’assaillants toujours plus badass et dotés d’armements pré-modernes conduit à cultiver la patience et le sens tactique pour boucler ce périple d’une demi-douzaine d’heures.

Kurosawa et shintoïsme

Mais c’est par son travail ornemental que Randonnée à Yomi impressionne instantanément. Passionné de culture japonaise, le directeur créatif italien Leonard Menchiari a recréé avec une manie obsessionnelle (voire maladive) la cinématographie, le tempo et l’atmosphère des meilleurs films “chanbara” du Japon d’après-guerre, même en noir et blanc. grain, défauts du film et fissures dans la bande sonore mono.

Prendre Hikori en main équivaut d’abord à contrôler le destin d’un cousin éloigné du ronin martial et mythique incarné par Toshirô Mifune dans Yojimbo et Sanjurō par Akira Kurosawa. Avant d’opérer un swing vers le fantastique en entrant dans Yomi, le territoire des morts dans la mythologie shintoïste japonaise. Ce voyage dans l’au-delà brille alors par son inquiétante étrangeté et… son didactisme sur la cosmogonie japonaise, élégamment intégré à la narration qui n’est pas sans évoquer un autre mythe, celui d’Orphée. Et Randonnée à Yomi souligne à sa manière que ce sont les ponts culturels qui construisent les grandes histoires éternelles…

Jouer
r Randonnée à Yomi, Leonard Menchiari/Flying Wild Hog/Devolver Digital. Sortie le 5 mai 2022 sur PC, PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox Series, Xbox One (inclus avec l’abonnement Xbox Game Pass Ultimate).

#Jeux #vidéo #Trek #Yomi #une #vive #revanche #dans #Japon #médiéval

Leave a Comment

Your email address will not be published.