Gilles Villeneuve, 40 ans déjà : un premier appel à Georgette et Séville

Gilles Villeneuve, 40 ans déjà : un premier appel à Georgette et Séville

Au bout du fil, Christian Tortora parle encore avec émotion de ce 8 mai 1982 qu’il a vécu sur place à Zolder, en Belgique.

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Ce journaliste, qui compte un peu plus de 550 Grands Prix derrière la rencontre, était la voix de la Formule 1 pour les radios CKVL et CKOI de Verdun. Il a été le premier à annoncer à l’antenne que Gilles Villeneuve avait été victime d’un accident majeur. À une époque où les qualifications n’étaient pas présentées en direct à la télévision et où Internet n’existait pas.

“J’ai dû alerter les parents de Gilles, Georgette et Séville, avant tout, a-t-il déclaré dans une interview à la Enregistrer. Je ne voulais pas qu’ils le sachent à la radio. Ce que j’ai fait avant d’entreprendre ma longue série de reportages. »

Même s’il savait que Villeneuve était grièvement blessé, Tortora n’a jamais perdu espoir.

“Je pensais qu’il pouvait y arriver”, dit-il. J’avais reçu des informations qu’un chirurgien belge qui soignait Gilles à l’hôpital était en communication avec un professeur émérite établi dans les Laurentides pour tenter de le sauver. Mais, nous avons appris, quelques heures plus tard, qu’il n’y avait plus rien à faire. »

Tortora a d’abord eu une relation d’affaires avec Villeneuve, mais ils sont rapidement devenus amis. Ses collègues européens ne disaient que du bien de Gilles.

“Il avait un charisme pas comme les autres”, raconte l’ami Torto. Sa façon de s’adresser aux gens et son franc-parler étaient uniques. C’était une énorme perte. »

Un grand moment radio

Lorsque les premières informations sont venues de Zolder, Richard Morency et Tom Lapointe, qui coanimaient l’édition du week-end de « World of Champions » à CKVL, ont décidé d’avancer le début de l’émission.

« Nous étions censés passer à l’antenne à 9 h, mais nous avons commencé un peu plus tôt », se souvient Morency. Tom est arrivé à la gare avant moi, car il habitait moins loin de la gare. Nous avons été les premiers à répandre la nouvelle de son accident. Après, tout s’est effondré. Nous étions la référence.

“On s’est beaucoup appuyé sur Tortora”, raconte l’ancien annonceur du club de baseball des Expos pendant 17 ans. Il était notre correspondant à Zolder quand c’est arrivé. Tout le monde voulait en savoir plus sur l’état de santé de Villeneuve, mais c’était difficile à l’époque. Les moyens de communication n’étaient pas ceux d’aujourd’hui. »

« On avait le gros bout du bâton, pourchasser Morency, car Tortora commençait à nous appeler plus régulièrement. A tel point que nos concurrents nous ont contactés pour en savoir plus.

« Si le sport automobile n’était pas ma spécialité, je savais évidemment qui était Gilles Villeneuve. Ce fut un coup dur pour la station et un grand moment radio. Nous nous sommes vantés pendant longtemps, même si c’était une situation très triste. »

À cette époque, les réseaux d’information continue n’existaient pas au Québec. Mais, compte tenu de l’importance de l’actualité, Télé-Métropole (l’ancêtre de TVA) avait interrompu sa programmation régulière pour présenter une émission spéciale sur l’accident de Villeneuve.

“A un moment donné, l’hélice était sur le côté…”

Tom Lapointe et Richard Sévigny ont vécu des moments inoubliables avec Gilles Villeneuve en 1981, et surtout une randonnée mémorable à bord de son hélicoptère.

« J’avais été mandaté pour couvrir la conférence de presse de Nelson Skalbania, qui venait d’acquérir le club de football des Alouettes de Montréal, se souvient Lapointe. Et le nouveau propriétaire avait organisé un tirage au sort parmi les abonnés et les journalistes présents [c’était une autre époque…] dont le prix était un voyage pour deux, tous frais payés, pour assister au Grand Prix de Monaco. Et j’ai gagné ! »

L’ancien animateur de radio a contacté son ami et voisin de l’époque, Richard Sévigny, pour lui proposer de l’accompagner. Ce que l’ancien gardien des Canadiens et des Nordiques de Québec a évidemment accepté.

« C’est le gérant de Gilles qui s’est occupé de nous à notre arrivée, raconte Lapointe. Ensuite, ce fut une série d’activités mondaines. C’était amusant. »

« Et en plus, Gilles a remporté le Grand Prix de Monaco quand on y était. Mais malgré son exploit, il avait tenu sa promesse de passer du temps avec nous. Il est venu frapper à notre chambre d’hôtel à 9 heures le lendemain matin en nous disant : « Tabar… tu dors encore, lève-toi ! »

Trois en un… biplace

La suite appartient à Sévigny qui, précise-t-il, n’était pas un ami proche de Villeneuve. Mais rapidement, il fait sa connaissance.

« Malgré la célébrité, dit-il, Gilles était d’une générosité incroyable. Je me souviens de deux moments amusants qui ont marqué notre voyage. La première, c’est qu’il nous a invités à nous asseoir dans sa voiture, qui n’avait que deux places, alors que nous étions trois à bord.

« Nous avons été interpellés dans les rues de Monaco. Le policier n’a pas reconnu Gilles, mais à force de se disputer, il nous a laissé partir sans émettre de contravention. La seconde, pour ajouter Sévigny, est notre fameuse aventure en hélicoptère qui nous a mené de Monaco à Saint-Tropez.

« A un moment, l’hélice était sur le côté, alors que normalement, vous en conviendrez, elle doit être au-dessus de nous ! Je peux donc confirmer que Gilles était un acrobate dans tous les sens du terme, et pas seulement au volant d’une Formule 1.”


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