Fusée de Laval |  En playoffs, des victoires avant le développement

Fusée de Laval | En playoffs, des victoires avant le développement

La mission de la plupart des équipes de la Ligue américaine est claire : préparer les jeunes joueurs à faire un saut dans la LNH. Cela n’empêche pas les vétérans d’y faire de belles carrières. Mais au fond, c’est pas mal.

Posté hier à 17h11

Simon Olivier Lorange

Simon Olivier Lorange
La presse

Qu’en est-il, cependant, dans les séries éliminatoires? C’est soudain moins clair. Surtout quand une équipe atteint les séries éliminatoires pour la première fois de sa jeune histoire.

Le Rocket de Laval se retrouve justement dans cette situation. À sa cinquième saison sur Jesus Island, il débutera sa toute première série vendredi face au Syracuse Crunch.

Cependant, un nouveau joueur a fait son apparition dans l’entourage de l’équipe ces derniers jours. Le défenseur Mattias Norlinder, après avoir conclu sa saison avec le Frölunda HC en Suède, a rejoint le Rocket.

Il n’est pas un inconnu, puisque ce choix de troisième tour du Canadien en 2019 a disputé six matchs avec le Tricolore et six autres à Laval en début de campagne. Il passa néanmoins l’hiver en Europe. Parlons d’un come-back, qui a aussi peiné dans son pays d’origine en récoltant seulement 2 passes décisives en 21 matchs, une misère pour un joueur réputé pour son apport offensif.

À l’entraînement mercredi matin, son deuxième avec le Rocket et le dernier pour l’équipe avant de partir pour Syracuse, Norlinder patinait dans le cadre d’un duo de réserve, suggérant qu’il pourrait être exclu vendredi. .

Devant lui, six vétérans. Xavier Ouellet (28), Louie Belpedio (25), Sami Niku (25), Torry Dello (25), Tobie Bisson (25) et Corey Schueneman (26). Dello et Bisson ont des contrats avec la Ligue américaine; des quatre autres, tous liés au Canadien, on peut dire que seul Schueneman a un réel avenir à Montréal.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES DE PRESSE

Xavier Ouellet

Autant dire qu’on ne forge pas actuellement l’avenir de la défense tricolore. Dans une perspective de développement pur, la logique voudrait que l’on fasse de la place à Norlinder, 22 ans.

Toutefois, la décision sera plus nuancée, confirme Jean-François Houle, entraîneur-chef du Rocket.

« Nous avions 72 jeux à développer, explique-t-il. Là, c’est devenu très important de gagner. S’il arrive que l’on puisse se développer en même temps, tant mieux. »

Aucune décision n’a encore été prise sur l’utilisation qui sera faite de Norlinder, considéré comme “un atout important pour l’organisation”. Car l’équipe “a aussi 30 autres joueurs à gérer, et il est important de s’occuper d’eux”.

La même politique s’appliquera au choix du gardien de but. On ne sait pas encore qui de Cayden Primeau ou de Kevin Poulin obtiendra le filet pour le premier duel contre le Crunch.

” [En défense]si Mattias peut nous aider, peut-être qu’on le mettra à l’entraînement », a dit Houle.

“Nous avons gagné en équipe cette année, nous aimerions gagner en équipe en séries éliminatoires. »

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Jean-François Houle, entraîneur-chef du Rocket de Laval

Adaptation

Le fait est que Norlinder est toujours en train de s’adapter au hockey nord-américain. Il a eu droit à une courte période d’acclimatation en septembre et octobre, d’abord au camp de perfectionnement du Canadien, puis en début de saison dans la LNH et dans la Ligue américaine. Mais on ne peut pas dire, au vu d’un échantillon restreint, qu’il ait eu à plein temps pour apprivoiser les petites patinoires de ce côté-ci de l’Atlantique, un obstacle évident pour les défenseurs européens.

Le jeune homme a certainement expliqué mardi à quel point il avait amélioré son travail en territoire défensif durant la saison. Mais à moins d’une transformation totale, il aura du mal à s’imposer immédiatement, a fortiori en playoffs, dans une ligue connue pour ne faire de cadeau à personne.

C’est précisément le fait que la brigade défensive soit expérimentée et solide qui fait croire à Tobie Bisson que le Rocket peut aller loin dans sa quête de la coupe Calder.

Ça va être physique, on va être endommagé, mais on sait comment gérer ça. Même les plus jeunes, comme Dello et moi, nous avons plus d’expérience que beaucoup de gars d’autres équipes.

Tobie Bisson

Selon lui, la “constance” de la défense était sa force. Cela ne représente cependant pas un obstacle à l’intégration de Norlinder. Même que son arrivée pourrait donner “un petit coup de pied au cul” à tout le monde, sachant qu'”il y a une chance [qu’un joueur] se faire sortir de l’entraînement », a ajouté le Québécois en riant.

Xavier Ouellet a accepté.

“Nous ne nous préparons qu’à gagner des matchs, et c’est un homme de plus pour nous aider”, a résumé le capitaine du Rocket. Selon lui, Norlinder est arrivé à Laval « avec une très bonne attitude », souriant, résolument heureux de la chance qui lui est offerte de prolonger sa saison – Frölunda a été éliminé en demi-finale du championnat de Suède.

Sagement, l’attaquant Rafaël Harvey-Pinard a pour sa part rappelé qu’« il n’y a jamais trop de profondeur dans les séries éliminatoires », une période de l’année où « tant de choses peuvent arriver ».

Les circonstances font qu’Harvey-Pinard et Jesse Ylönen sont les deux seuls espoirs du Canadien assuré d’être en uniforme vendredi à Syracuse. Nous reviendrons donc ici sur les vertus du développement. Même si ce n’est pas à Montréal qu’ils auraient goûté au hockey des séries éliminatoires cette saison. Une expérience qui, on le sait, vaut aussi son pesant d’or.


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