Transport aérien |  Encore de mauvaises nouvelles pour les régions

Transport aérien | Encore de mauvaises nouvelles pour les régions

Les régions ne sont pas au bout de leurs peines. Air Canada réduit ses services en Abitibi-Témiscamingue deux semaines seulement après l’annonce des billets à 500 $ par le gouvernement Legault. L’aller-retour entre Montréal et Rouyn-Noranda en une journée n’est plus possible, au grand dam des gens d’affaires.

Posté hier à 11h00

Julien Arsenault

Julien Arsenault
La presse

André Dubuc

André Dubuc
La presse

« Nous arriverons à Montréal en milieu d’après-midi, déplore Éric Beaupré, président-directeur général de Technosub, basée à Rouyn-Noranda. C’est du temps perdu. Pour les gens d’affaires, c’est essentiel. Nous serons partis un autre jour. »

Le chef du spécialiste des solutions de pompage pour les secteurs industriel et minier est un habitué des voyages d’affaires aux États-Unis et dans le reste du Canada. Le service aérien s’est tellement détérioré qu’il opte pour l’aéroport de Timmins, en Ontario, alors qu’il n’a pas à passer par Montréal.

En vigueur depuis le 1euh Mai, le changement décrété par Air Canada signifie qu’un voyageur qui vole de Montréal à Rouyn-Noranda aurait 30 minutes une fois à destination s’il souhaite rentrer chez lui le jour même. L’inverse est également vrai. Auparavant, un vol au départ de l’Abitibi-Témiscamingue était offert à l’aube avec un retour en fin de soirée.

M. Beaupré a du mal à comprendre la décision du plus grand transporteur aérien au pays alors que plusieurs indicateurs économiques pour l’Abitibi-Témiscamingue pointaient dans la bonne direction. Au bout du fil, la mairesse de la municipalité située en Abitibi-Témiscamingue, Diane Dallaire, cache difficilement son mécontentement envers Air Canada.

Si j’ai un billet à 500 $, mais qu’il n’y a pas la qualité de service qui va avec, on perd la confiance des usagers.

Diane Dallaire, mairesse de Rouyn-Noranda

« Pour les gens d’affaires, cela ne répond pas du tout aux besoins », dit-elle. La Ville n’est pas contente. Ça veut dire partir le lundi et revenir le mercredi, ça n’a aucun sens. »

Aucune option

Air Canada a été la dernière compagnie aérienne à proposer des allers-retours quotidiens dans la région. D’après Mmoi Dallaire, des rencontres avec l’entreprise sont prévues dans les « semaines à venir ». Reste à savoir si le service sera rétabli.

« Nous aurions aimé être consultés en amont et non après », a déclaré le maire.

Dans un courriel, Air Canada a simplement dit « prendre note des commentaires » et qu’elle continue « d’évaluer [sa] planification ». Selon le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda, David Lecours, les gens d’affaires représentent environ 65 % du volume du lien. En entrevue, il n’a pas caché son mécontentement face au virage d’événements, qui auront un impact négatif sur les membres de la Chambre.

Pour l’expert en aviation et chargé de cours à l’Université McGill John Gradek, le cas de Rouyn-Noranda témoigne des limites du plan présenté par le ministre des Transports, François Bonnardel, le 19 avril dernier. Les entreprises et organismes ne sont pas éligibles aux billets subventionnés.

Les places à 500 $ servent principalement à promouvoir le tourisme plutôt qu’à offrir un service adéquat aux habitants des régions. Il ne s’agit pas d’un plan à long terme pour assurer un service régional adéquat.

John Gradek, expert en aviation et chargé de cours à l’Université McGill

À terme, Québec devra se résigner à financer certaines liaisons par appels d’offres – un modèle où la licence d’exploitation est confiée à un transporteur pour quelques années – pour assurer une desserte adéquate dans certaines régions, estime M. Gradek. Certaines municipalités, comme Gaspé et Baie-Comeau, ont plaidé en faveur de ce mécanisme lorsque le gouvernement Legault préparait sa stratégie.

Autres outils pour le Québec

Claudia Loupret, l’attachée de presse de M. Bonnardel, n’a pas commenté directement l’aménagement d’horaires décrété par Air Canada. Dans un courriel, elle a souligné que la demande était “actuellement très faible” pour plusieurs destinations.

Advenant qu’une région ne soit pas adéquatement desservie dans le futur par un seul transporteur, nous pouvons faire des appels d’offres pour augmenter le service.

Claudia Loupret, attachée de presse du ministre des Transports

Cet outil est l’une des cinq mesures du Plan régional de transport aérien du Québec. C’était passé inaperçu puisque les billets à 500 $ subventionnés par Québec monopolisent toujours l’attention. Aucun marché n’a encore été ciblé pour confier la licence d’exploitation à un transporteur.

L’Union des municipalités du Québec (UMQ), le lobby municipal québécois qui milite depuis des années pour l’intervention gouvernementale, n’a pas voulu réagir à la décision d’Air Canada.

Apprendre encore plus

  • 234
    Nombre de millions qui ont été mis de côté, sur cinq ans, par le gouvernement Legault pour relancer le transport aérien régional.

    source : gouvernement du québec


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