Cascades est durement touchée par l'inflation

Cascades est durement touchée par l’inflation

(Montréal) L’action de Cascades a perdu plus de 20 % jeudi, alors que le fabricant d’emballages, de papiers sanitaires et de cartons est durement touché par l’inflation de ses coûts de production et de transport.

Mis à jour hier à 15h56

Stéphane Rolland
La Presse canadienne

De l’aveu même du président et chef de la direction, Mario Plourde, les résultats du premier trimestre de l’entreprise québécoise sont « décevants ». “La pression inflationniste que nous avons subie sur nos matières premières et nos coûts et la vitesse à laquelle elle s’est manifestée, nous a pris par surprise”, a déclaré le dirigeant lors d’une conférence téléphonique pour discuter des résultats du premier trimestre.

La société de Kingsey Falls a enregistré une perte nette de 15 millions, ou 15 cents par action, contre un bénéfice net de 22 millions, ou 22 cents, pour la même période l’an dernier. Les ventes ont cependant augmenté de 10,2% à 1,038 milliard.

Avant la publication des résultats, les analystes s’attendaient à un bénéfice par action de 5 cents, selon les données compilées par la firme Refinitiv.

Frédéric Tremblay, de Desjardins Marché des capitaux, estime que l’écart avec les prévisions est « large ». « Cascades continue de subir les coûts élevés des matériaux, de la production et de la logistique », note-t-il.

La situation devrait se redresser puisque l’entreprise entend répercuter sur ses clients l’augmentation des coûts de production sous forme de hausses de prix, a indiqué M. Plourde. “Les annonces de prix que nous avons faites récemment combleront l’écart par rapport au deuxième trimestre. »

Cascades s’est également engagée à réduire certains coûts de production. « Nous étudions différentes options, explique le responsable. L’optimisation du réseau en regardant où nous allons produire et où nous allons livrer, le nombre d’articles différents que nous vendons, et le nombre de clients à qui nous livrons, tous ces points sont à l’ordre du jour du jour en ce moment. »

L’effet de ces vents contraires sur la dette de l’entreprise a également soulevé des questions. La dette nette a augmenté de 200 millions en trois mois. L’indicateur de la dette nette sur le bénéfice ajusté avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (EBITDA) a atteint un ratio de 4,8 fois fin mars, contre 3,5 fois fin décembre, il y a trois mois.

Le directeur financier Allan Hogg s’est voulu rassurant sur la situation financière de l’entreprise. Le démarrage de la production de l’usine de Bear Island en Virginie (attendu en décembre 2022) et les efforts de réduction des coûts devraient faire baisser ce ratio. L’entreprise aurait donc encore les moyens de réaliser les investissements qu’elle souhaiterait faire dans de nouvelles usines avant 2024, selon lui. « Nous ne croyons pas que ce soit un problème en ce moment. »

Zachary Evershed, de Financière Banque Nationale, ne s’inquiète pas pour l’instant de la situation financière de Cascades. Il note qu’une grande partie de ses créances sont constituées de billets de premier rang qui viennent à échéance en 2025, 2026 et 2028.

L’assouplissement des mesures sanitaires signifie que moins de clients commandent en ligne qu’au plus fort de la pandémie. Les volumes de l’activité cartons-caisses ont diminué pour cette raison, mais aussi en raison des défis de la chaîne d’approvisionnement.

Si 2021 a été une année exceptionnelle pour le commerce électronique, M. Plourde estime qu’il y a encore un «grand besoin» de boîtes en carton. Malgré la hausse de l’inflation qui pèse sur les finances des ménages, le dirigeant ne croit pas que la demande en souffrira. “A l’heure actuelle, à moins que la situation macro-économique ne change radicalement, nous restons convaincus que la demande sera bonne en 2022.”

L’action Cascades a perdu 2,73 $, ou 22,96 %, pour s’établir à 9,16 $ à la clôture de la Bourse de Toronto.


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