Construction |  Le nombre de travailleurs non qualifiés explose

Construction | Le nombre de travailleurs non qualifiés explose

Le nombre de non-diplômés entrant dans l’industrie de la construction a bondi en 2021, de nouvelles données révèlent que La presse a obtenu. Des chiffres qui surprennent la Corporation des maîtres électriciens du Québec et inquiètent la FTQ-Construction.

Posté à 5h00

Isabelle Dubé

Isabelle Dubé
La presse

Le nombre de nouveaux employés non diplômés dans l’industrie de la construction en 2021 a connu une forte augmentation dans plusieurs métiers, selon les chiffres compilés par la Commission de la construction du Québec (CCQ).

16 929 non-diplômés sont arrivés sur le marché du travail alors que seulement 4 783 détenaient un diplôme d’études professionnelles (DEP) dans leur métier. En 2017, au contraire, la proportion était similaire, soit 5728 non-diplômés contre 5430 diplômés.

Lorsque La presse présenté les chiffres à la Corporation des maîtres électriciens du Québec, ses représentants croyaient qu’ils étaient erronés.

« J’ai été un peu surpris de voir qu’on est passé de 208 en 2020 à 630 en 2021. Je trouve que le chiffre est significatif », affirme au téléphone Michel Bonneau, directeur des services techniques et de la santé et sécurité du travail à la Corporation.

« Quand on voit que le nombre de personnes qui entrent dans la construction sans diplôme d’études professionnelles augmente, on s’inquiète pour l’avenir de l’industrie, car cela mènera à un manque de compétences dans toute l’industrie », affirme Éric Boisjoly, directeur général de la FTQ. -Construction.

En 2017, seuls 126 électriciens non qualifiés sont entrés sur le marché de l’industrie de la construction. En 2021, ils étaient 630.

Par contre, le nombre de nouveaux électriciens ayant obtenu leur DEP est demeuré stable. Depuis 2017, le nombre de diplômés ayant suivi la formation de 1800 heures n’a augmenté que de 186, comme le montre le tableau.

« Tous les apprentis, diplômés ou non, sont toujours sous la supervision d’un compagnon électricien, assure Michel Bonneau. Il lui appartient de s’assurer de la conformité des travaux réalisés. Cependant, si vous embauchez quelqu’un qui n’a pas encore commencé sa formation, il sera limité dans les tâches qu’il pourra effectuer. »

Michel Bonneau rappelle que les huit nouvelles mesures de la CCQ entrées en vigueur en avril 2021 permettent aux travailleurs d’avoir accès au terrain sans nécessairement avoir obtenu le DEP en électricité.

Ce sont des mesures temporaires qui ont été proposées et adoptées dans le contexte de la pénurie de main-d’œuvre.

Michel Bonneau, directeur des services techniques et de la santé et sécurité du travail de la Société

La situation est similaire pour les plombiers. Le nombre de nouveaux tuyauteurs non qualifiés est passé de 131 à 292 entre 2017 et 2021. Durant cette période, le nombre de diplômés est resté stable à 492 et 456.

La Corporation des maîtres mécaniciens en tuyauterie du Québec estime que la situation n’est pas idéale, mais que le nombre élevé de non-diplômés dans ce domaine s’explique aussi par l’une des huit mesures mises en place en 2021. reconnaît maintenant l’expérience pertinente acquise à l’extérieur l’industrie, qui favorise, par exemple, l’intégration des nouveaux arrivants, maintient la Société.

“Ce n’est pas n’importe qui qu’on emmène sur le bord de la rue, ce qu’on appelle dans notre jargon ‘l’ouverture des bassins”, précise au téléphone Steve Boulanger, directeur général de la Corporation. les tuyauteurs, les bassins ne se sont pas ouverts et ne s’ouvrent jamais. Ce n’est pas comme ça que ces gens sont entrés.”

Avant l’arrivée des huit mesures, en avril 2021, les travailleurs entraient dans l’industrie principalement de deux manières : soit avec un DEP et une garantie de 150 heures d’un employeur, soit sans diplôme avec une garantie de 150 heures d’un employeur, mais lors de l’ouverture d’un bassin de main-d’œuvre pour le métier recherché dans sa région, c’est-à-dire lorsque la CCQ calcule qu’il y a un nombre insuffisant de travailleurs.

Parmi les nouvelles données de la CCQ, les briqueteurs-maçons sans diplôme sont également plus nombreux, alors que le nombre de nouveaux diplômés a diminué.

Près de quatre fois moins de diplômés

Chez les menuisiers, le nombre de diplômés entrant sur le marché du travail diminue d’année en année, tandis que le nombre de non-diplômés a culminé en 2021. Il est passé de 796 en 2017 à 5 252 en 2021.

Pour les métiers d’électricien et de tuyauteur, ce n’est pas l’ouverture des bassins qui explique la hausse, précise Marie-Noëlle Deblois, conseillère aux affaires publiques à la CCQ. « Pour les autres métiers que vous évoquez, il est vrai de dire que les bassins ont été ouverts beaucoup plus souvent ces dernières années, ce qui s’explique par des demandes de main-d’œuvre sans précédent. »

Marie-Noëlle Deblois rappelle que l’activité économique, qui atteint des sommets sans précédent, et la pénurie générale de main-d’œuvre exercent une pression importante sur les mécanismes d’entrée dans l’industrie. Ces mécanismes ont été conçus dans un tout autre contexte pour répondre à des problématiques qui ne sont plus les mêmes qu’avant, explique-t-elle.

« L’accès à l’industrie est un grand défi, tout comme l’intégration des groupes sous-représentés, la rétention des travailleurs. »

Des formations en hausse, assure le ministère du Travail

Avec le Programme d’aide à la reprise de la formation (PARAF) lancé en novembre 2020 et l’Opération main-d’œuvre annoncée en novembre 2021, le ministère du Travail et de l’Emploi s’engage à former davantage de personnes, notamment dans le secteur de la construction, appuie la conseillère en communication et relations médias Catherine Poulin en e-mail.

Elle indique qu’en ce qui concerne les professions d’électricien et de charpentier-menuisier, 1 699 personnes ont participé à la mesure de formation de la main-d’œuvre (MFOR) financée par le ministère du 1euh Avril 2021 au 22 mars 2022. « On voit que la formation est en hausse dans les deux secteurs », écrit Catherine Poulin.

En menuiserie-menuiserie, le nombre de participants est passé de 621 à 889 (d’avril 2021 à mars 2022). Dans le programme d’électricité, le nombre est passé de 155 à 328.

Un manque de coordination, selon la FTQ-Construction

Selon la FTQ-Construction, l’industrie gagnerait à régler le manque de coordination entre les écoles de métiers et la CCQ, qui fait que les non-diplômés sont parfois embauchés par les employeurs avant les diplômés.

« Quand les viviers ouvrent juste avant que les cohortes ne soient diplômées, on a eu des exemples de ça, des diplômés se retrouvent avec des employeurs qui ont priorisé des gens sans diplôme, parce qu’ils avaient besoin de main-d’œuvre deux semaines avant la fin. de leur formation », indique Éric Boisjoly.

Meilleure rétention de la main-d’œuvre diplômée

Une meilleure coordination aurait des avantages pour toute l’industrie, selon le rapport de la CCQ Décrocheurs de l’industrie de la construction au Québecpublié en janvier 2021. Au bout de 5 ans, 35 % des non-diplômés quittent l’industrie, contre 24 % des diplômés.

Apprendre encore plus

  • 1522
    C’était, en 2021, le nombre de femmes peintres dans la construction, le domaine où l’on retrouve la plus grande présence féminine. Les charpentiers-menuisiers suivent avec 1168, les manœuvres avec 1122 et les électriciens avec 489.

    Source : Commission de la construction du Québec


#Construction #nombre #travailleurs #qualifiés #explose

Leave a Comment

Your email address will not be published.